un week end rêvé…

Imaginez Mesdames, une semaine épuisante au travail, éprouvante au niveau personnel et familial et en début de soirée du vendredi alors que vous vous apprêtez à faire la liste de tout ce que vous aurez à faire dans le week end ; un homme frappe à votre porte une rose à la main et vous dit :

- Fais ta valise et suis moi !

Il sait, lui cet homme, la fatigue, la solitude, la détresse que vous ne criez pas pour ne pas la hurler.

Surprise mais confiante vous obéissez à cet ordre plein de promesses qui n’en est pas un, mais plutôt une main tendue.
La nuit est là et effectivement épuisée vous vous endormez dans la voiture confortable qui vous conduit ailleurs.
La voiture ralentit, puis s’arrête ; vous ouvrez les yeux sur un mas provençal perdu parmi les coteaux. Il vous ouvre votre portière ; en quelques pas vous respirez l’odeur des pins, ces pins toujours penchés du côté où le mistral les guide.Une autre odeur soudain alors que la porte du gîte s’ouvre devant vous, l’odeur d’un feu de bois qui inonde le mas d’un parfum de cep de vignes, d’oliviers et de lavande.
La table est mise et un nouveau parfum, celui d’un souper qui mijote.L’homme gentiment porte votre valise dans une chambre à l’étage qui sera la votre, et dépose la sienne dans une autre à l’extremité du couloir.
Dans cette chambre, un bouquet de mimosa, vous rappelle où vous vous trouvez.
De l’homme redescendu vous n’entendez que la voix mêlée à celle d’une dame ‘avé l’accccent’ ; probablement la propriétaire des lieux.
La chambre possède ses propres commodités. Toute votre intimité a été préservée, il a pensé à tout.
Pas d’ordinateur et puis de toute façon pas internet sur place, pas plus que de télévision, votre téléphone portable ne passe pas. Coupée de gré et de force de tout ce qui vous fait souffrir et vous épuise. Dépitée, perdue, quelques minutes… Qu’allez vous faire de ce temps ?

La voix masculine vous appelle :

- Si madame veut bien se donner la peine de descendre dîner lorsqu’elle sera prête à le faire, ce dîner l’attend.

Peu importe le contenu du repas, il va avec le reste. L’homme qui vous fait face vous sourit.

- Si tu souhaites me parler, tu parles. Si tu ne le souhaites pas j’écouterais ton silence…

Son regard est rassurant et son sourire aussi, c’est vrai qu’il a été là ces dernières semaines pour éponger vos larmes, vos colères, votre fatigue, vos chagrins.

Le dîner terminé, vous vous installez près du feu, goûtant le silence et la tranquillité.
Devançant vos besoins ou vos souhaits, il vous apporte un plaid et un lait chaud.
Et là vous pensez à votre semaine, vous remettez les choses en ordre dans votre esprit préoccupé. Le sommeil vous gagnant, vous gagnez alors la douce chambre qui vous attend, lui souhaitant une bonne nuit, reconnaissante et méfiante, blessée par la trahison d’un autre.

Point de réveil dans ce milieu à part, au milieu de nul part. Vous vous réveillez lorsque le sommeil vous quitte et visiblement il vous a quitté tard. Le soleil, car soleil il y a, est déjà haut dans le ciel rose et bleuté.
Douchée, habillée, simplement vous, sans fard, vous descendez. L’homme est là  lisant près de la cheminée, comme s’il ne l’avait pas quittée depuis la veille, comme s’il avait veillé à ce que vous alliez bien, au moindre bruit, au moindre sanglot…

Un couvert vous attend, petits pains, navettes et autres gourmandises locales.
Il se lève, dépose gentiment un baiser sur l’une de vos joue et en silence, toujours, vous apporte quelque chose de chaud pour démarrer la journée. Il sait quoi, pas la peine de lui préciser…

Il a retenu tellement de choses de vous alors qu’il vous connait à peine et vous réalisez qu’il est difficile de prendre lorsqu’on a pris l’habitude d’uniquement donner, donner et donner encore.

- Parle, maintenant…
Souffle la voix
Parler, vous ne pouvez pas, mais pleurer oui c’est encore dans vos possibilités. Bredouillage et larmes, il regarde et écoute. Ne juge pas, ne dit mot ; hoche la tête parfois comme si tout ce que vous lui dites lui paraissait incroyable.
En une seule phrase il résume le tout :
- Comment peux tu être encore debout ?

Une fine pluie a décidé d’accompagner ce ‘week end break’ et c’est sous cette pluie à la fois chaude et glacée que vous partez marcher, lui à vos côté, silencieux.

Et la soirée se répète avec un peu plus de mots, il a gagné votre confiance en étant l’homme de la circonstance. La présence indispensable. En quelques heures il fait de vous une reine que l’on n’a pas le droit ni d’abimer, ni de blesser, encore moins d’humilier. Et pourtant que vous a t’on fait durant ces derniers mois si ce n’est cela… ??? !!!

Nouvelle nuit dans le calme le plus total, dans une sérénité parfaite. Le gardien de vos pensées néfastes est là pour les détruire, en bas près de la cheminée, là où vous le retrouverez le lendemain matin.

Sur le chemin du retour vous dormez de nouveau mais d’apaisement avec la douce certitude que les mots entendus, le peu de mots, sont ceux que vous devez garder pour avancer dans la sérénité.

Alors ? Rêve FEMMES avec un grand F ou un grand R ??? !!!

 

un week end rêvé... dans Laissez aller MasdeProvence2

 

11 commentaires à “un week end rêvé…”


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  1. 0 Rémi 25 jan 2010 à 12:48

    Quel joli texte, plein de douceur, de douleurs et qui ouvre les portes vers UN avenir, UN devenir…
    merci

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