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Archives pour juillet 2010

L’humain

Comme je le disais un article fait quelque part écho au mien et sans aucun doute pour moi un article à lire !

Zoé fait écho également dans son dernier com :

Un jour , faire un texte pour dénoncer la haine contre le nomadisme et les peuples nomades … Car l’humanité est nomade . Arréter de voyager . Se soumettre à la tyranie de la sédentarisation et tout ce que cela implique . L’âme humaine est nomade . « ON » veut fixer sédentariser au nom de quelle norme totalitaire raciste ? … Oui raciste puisque le sens du voyage est bani et c’est le discours de ceux qui nous gouvernent qui en prétendant combattre le crime , criminalisent finalement tous les « gens du voyage » et donc le voyage qui est en chacun de nous . Et il y a là une résurgence d’une haine ancéstrale : celle de Caïn contre Abel . Caïn le cultivateur sédentaire propriétaire contre Abel le berger nomade ….
Alors je te demande s’il te plait , d’y penser et ….. Voilà

OUI Zoé j’écrirai pour dénoncer cette haine même si nous avons peu de chance d’en venir à bout, la xénophobie est itinérante elle aussi et la dictature y fait son marché grâce au médias…

Qu’est ce que l’humain ?
Qu’est ce qui nous différencie vraiment aujourd’hui de l’animal ?

Nos peurs ? Notre indifférence à la douleur des autres ?

Lorsque tu parles Zoé de Cain et Abel me vient à moi toujours en écho le terrible génocide du Rwanda savamment orchestré par la France !

Nous avons beaucoup de choses sur la conscience mais l’humain perd sa conscience dans la technologie et les médias de manière tout aussi savamment orchestrée ingurgitant des tonnes de conneries qui nous méneront sans tarder à des massacres dirigés…

Merci Manuel pour ce très bel article et Merci Zoé pour tes com et cette demande ponctuée par ce… Voilà… Qui me touche tant !

L'humain  dans Lacher prise g_7489

Quand le (la) psy part en vacances

Je me souviens au début de mon analyse, de mon état quelque peu paniqué lorsque mon psy partait en vacances…
Mon médecin avait son remplaçant mais mon psy…
Les premiers temps c’était plutôt dans le sens où :
- mon psy s’en va… Mes angoisses vont revenir…
Les années passant, le transfert s’effectuant cela s’objectait plus sur le manque :
- Que fait il ? Où est il ?

Mais je me souviens aussi et surtout de ce plus qu’il avait par rapport aux autres psy : les emails…
De ces mots rassurants :

- Je pars mais je relève ma boite mails chaque soir, n’hésitez pas à m’écrire si besoin!

Oui cela avait quelque chose de rassurant et d’humain ; je n’avais pas l’impression de n’être qu’un nom, j’étais quelqu’un dont il prenait soin. Ni plus ni moins que ses autres patients et patientes. Mais même en vacances, il restait psy et se rendait compte de l’importance de cette place irremplaçable qu’il occupait.
Malgré tous nos désaccords arrivés des années après en travaillant avec lui, je sais que bien sur j’ai conservé beaucoup de lui, forcement…
L’on me dit souvent que j’accueille mes patients de la même façon ; mais le plus que j’ai gardé de lui c’est cette notion de contact même en vacances, et je vois l’importance que cela a dans le regard de mes patients et patientes.

Et c’est important pour moi aussi de partir l’esprit tranquille, de savoir que je les laisse entre les mains des deux merveilleux médecins avec lesquels je travaille, que eux ont mon numéro privé, que eux m’appelleront si besoin s’en faisait sentir et je sais aussi que j’ai rassuré mes patients les plus angoissés en prononçant cette même phrase :

- Je pars mais je relève ma boite mails chaque soir, n’hésitez pas à m’écrire si besoin !

Et je me souviens que la simple réponse :
- Message reçu – votre dévoué —-
Me soulageait de mes angoisses !

Alors devenue psy à mon tour pourquoi ne me rappellerais je pas de la souffrance et ses possibilités de soulagement ?
Et pourquoi ne les utiliserais je pas à mon tour ?

Se souvenir de ce que l’on a été permet au psy de rester humain encore faut il reconnaitre que l’on a été…

Quand le (la) psy part en vacances dans Les thematiques 0951410001227360986

Somatisation et mimétisme

Il m’est déjà arrivé de me trouver face à des somatisations mimétiques comme dans le cas d’un homme de 40 ans travaillant dans l’aide aux personnes âgées et qui venait me consulter pour la première fois présentant des signes psychiques (tous problèmes physiques ayant été éliminés) ; signes psychiques donc : de fatigue à la marche, désordres physiologiques et psychologiques imposant à son compagnon des horaires de repas stricts : 12 h et 18 h ressentant le besoin de faire une sieste après le repas, regardant systématiquement les mêmes émissions aux mêmes heures et se couchant impérativement et au plus tard à 20h30. Et tout ceci fort subitement ! Après une brêve analyse de la situation ensemble, il réalisa de lui même ce mimetisme par rapport aux personnes dont ils s’occupaient toute la journée.

Pour ce qui concerne ma jeune patiente, cette somatisation mimétique fut plus difficile à cerner mais A+B+A+B+A+B = trouvé ! Et toujours ensemble. Quel intérêt de travailler chacun dans son coin lorsque le psy a trouvé et que le patient patauge dans ses angoisses depuis des mois ?

Je n’ai en tout cas moi pas de réponse à cela, si ce n’est exploiter le porte feuille de l’un et enrichir celui de l’autre tout cela sur la douleur humaine.

Pour en revenir à Alexia tout tournait autour, selon elle, une séparation amoureuse. Les dates concordant nous partons ensemble sur ce chemin moi l’écoutant mais partant déjà sur l’autre droite de son droit chemin.

Comme je l’expliquais dans un article autre, Alexia présentait les symptômes suivants :

L’angoisse :

lui nouant la gorge elle ne peut manger que haché – lui provoque des palpitations sévères elle craint l’infarctus – lui interdit tous endroits clos elle évite même les ponts – lui provoque des absences elle ne conduit plus.

Elle gardant sa droite et moi la mienne, tout en ne l’écartant pas de sa route sentimentale elle arriva par elle même à suivre la mienne sans que mots soient prononcés ou presque si ce ne sont les siens mon regard simplement l’encourageant dans un sens et non dans l’autre elle parvint donc à son domaine professionnel occulté pour cause de souffrance et résurgences d’angoisses. Je sentais monter la peur, donc elle savait mais l’interdit de faiblesse lui interdisait de formuler la cause…

De par son métier elle fut amenée à s’occuper et à suivre au quotidien et durant des années d’une jeune femme de 43 ans atteinte de sclerose en plaques jusqu’au matin où elle arriva au domicile de celle ci et que l’un de ses enfants lui annonça que sa maman était décédée dans la nuit.

Alexia était à cette époque auxiliaire de vie désirant devenir AMP, or, la jeune femme que nous appellerons madame X dont elle s’occupait devait être confiée à une AMP si son état empirait.

Passons maintenant à l’assaut du mimetisme :

Madame X ne pouvait plus se nourrir d’aliments solides, Alexia devait lui hacher tous ses repas…
Madame X avait le coeur fragile et fragilisé par sa maladie, électrocardiogrammes fréquents auxquels assistaient Alexia…
Madame X à certains moment s’absentait à tel point qu’Alexia la pensait partie définitivement…
Madame X est décédée par étouffement…
Madame X est maintenant enfermée dans un cercueil…

Madame X est partie en avril 2009 et Alexia a commencé à faire revivre le calvaire de la personne à laquelle elle s’était tant attachée mais bien sur, sur elle même et quant aux lieux clos, il est évident que pour Alexia c’est la fin de ce calvaire qu’elle ne veut pas atteindre.
De même qu’elle n’arrive pas à atteindre le concours d’AMP.

Bien sur, apprendre et comprendre l’origine de sa souffrance fut une libération, elle cessa donc ce jour là de tourner seule dans son bocal de culpabilité, car c’est bien de culpabilité dont il s’agit là et il fallait qu’elle s’en libère. Bien sur son travail psychanalytique n’est pas terminé mais elle a laché l’objet connu mais si douloureux que l’écarter par des angoisses était plus simple pour son psychisme.

Tout ce qui nous entoure nous construit et parfois nous détruit. L’enfance n’est pas le seul point d’ancrage du mal être et de l’angoisse. J’aurais pu effectivement y faire de longues fouilles mais en ce cas présent n’en aurais rien sorti qui puisse soulager ma patiente…

Somatisation et mimétisme dans Les thematiques 0241181001192274552

 

 

Owoi nana

Ma petite fille est partie après une semaine de vacances passée chez nany.

La maison est vide, bien vide sans elle…
Sans ses petits pas dans la maison, sans ses petits mots qui ressemblent à des chansons douces…
Le’ta’ miaule comme s’il la cherchait malgré les tirages de queue et d’oreilles…
Son petit chant des ‘babapapapapapa’ résonne encore…
Ma maison ne ressemble à rien d’autre ce soir qu’à une mini crèche et je n’ai pas l’envie de ranger de suite les petites traces de son passage…
Le ‘ta’ miaule et nany a les larmes aux yeux…
Le ‘ta miaule et j’entends encore les petits pas arriver en courant dans mon bureau avec la petite voix les accompagnant au son de ‘nana nana nana’…

Owoi nana a dit la petite voix…
Owoi nana a fait signe la petite main…

Le ‘ta’ miaule et la nuit descend doucement sur la petite chambre vide…

Owoi nana…

Owoi nana dans Lacher prise 15668

 

 

Pour Latiatia

Jeune femme 28 ans AMP ; souffrant d’angoisses et d’attaques de panique depuis plus d’un an ; son médecin ayant écarté tous problèmes médicaux à ses troubles me l’a envoyée.
L’angoisse :

lui nouant la gorge elle ne peut manger que haché – lui provoque des palpitations sévères elle craint l’infarctus – lui interdit tous endroits clos elle évite même les ponts – lui provoque des absences elle ne conduit plus

Je vous précise que le schéma familial est sans faille autres que celles d’une famille lambda.

Que trouvez vous dans les livres Chère Latiatia qui puisse aider ma patiente ?
Comment qualifiez vous ses angoisses ?

Quelles différences entre pervers narcissique et psychopathe ?

Avant de parler des différences peut être serait il plus intéressant de commencer par les similitudes :

Le manque d’empathie et la simulation d’émotions

Dangereux tous les deux et armés tous les deux

Eh oui !

Le pervers narcissique possède les armes psychologiques nécessaires le moment voulu pour détruire sa victime
Le psychopathe possède ou possédera l’arme objet nécessaire le moment voulu pour détruire sa victime

Les différences sont essentiellement dans le fonctionnement et dans l’origine… quoique…

L’on sait maintenant sur quels critères le pervers narcissique choisit sa victime ; nous en avons parlé ensemble sur ce blog.
Le psychopathe lui choisira sa victime selon les origines de sa maladie et les personnes à l’origine de sa maladie (une mère, une soeur, une première petite amie…)

Malgré tout le père ou l’absence du père reste marquant pour ces deux cas.
Mais tous deux souffrent d’une blessure narcissique marquée par des humiliations répétées ou prises comme telles ; de frustrations.
Tous deux rêvent aussi de la gloire, le premier en vampirisant sa victime, le deuxième en faisant parler de lui suite à son fait.

Définition exacte du psychopathe :

La tromperie du processus psychopathique est caractérisée par son intentionnalité et son orientation vers un but ainsi que par la facilité avec laquelle peuvent être changés aussi bien son contenu logique que son but, selon les besoins. Le contenu logique correspond aux fausses informations et aux rationalisations que le psychopathe utilise pour consommer l’acte de duperie ; toutefois, au plan clinique, l’acte lui-même peut paraître très illogique mais seulement par rapport à la motivation, non au contenu. La motivation est particulièrement déconcertante dans la tromperie endogène quand le psychopathe semble avoir tout ce qu’il désire et pourtant continue de manière entièrement prévisible à enclencher le cycle manipulateur. Ici la logique de la motivation ne peut être comprise qui si on tient compte de la dynamique inconsciente. La logique dans la tromperie exogène aussi bien comme motivation que comme contenu, et beaucoup plus facilement compréhensible.Il est un individu essentiellement narcissique, incapable d’empathie, essentiellement centré sur lui-même, sans aucune culpabilité, sans aucune autocritique, incapable de la moindre frustration, essentiellement manipulateur fonctionnant selon le principe de la gratification immédiate

Définition du pervers narcissique :

Leur manque d’état d’âme, de remords ou de problème de conscience peut être si extrême, qu’au début de leur relation avec elles, leurs victimes ne peuvent y croire. Ce manque de scrupule les déroute, les estomaque ou les abasourdit.Les traits dominants et récurrents chez le pervers narcissique sont : un esprit vindicatif, une tendance à la mythomanie, à la paranoïa, un pouvoir de conviction pouvant entraîner de nombreux dommages collatéraux, des personnes qui se compromettent pour lui, un acharnement comparable à celui d’un jusqu’au-boutiste qui voudrait, en outre, donner l’image de lui d’un martyr, persécuté par la personne qu’il est déterminé à éliminer définitivement des scènes sociale, privée et professionnelle  ! Quitte à déployer une énergie démesurée à transgresser les terres de sa victime, à spolier ses jardins secrets, à semer les graines de la discorde, de la suspicion dans son entourage, à pratiquer la politique de la terre brûlée, pour sortir indemne et victorieux.

Quoi que l’on dise, les  pervers trouvent toujours un moyen d’avoir raison, d’autant que la victime est déjà déstabilisée et n’éprouve, au contraire de son agresseur, aucun plaisir à la polémique. Le trouble induit chez la victime est la conséquence de la confusion permanente entre la vérité et le mensonge. Le mensonge chez les pervers narcissiques ne devient direct que lors de la phase de destruction, comme nous pourrons le voir dans le chapitre suivant. C’est alors un mensonge au mépris de toute évidence. C’est surtout et avant tout un mensonge convaincu qui convainc l’autre. Quelle que soit l’énormité du mensonge, le pervers s’y accroche et finit par convaincre l’autre. Vérité ou mensonge, cela importe peu pour les pervers : ce qui est vrai est ce qu’ils disent dans l’instant. Ces falsifications de la vérité sont parfois très proches d’une construction délirante. Tout message qui n’est pas formulé explicitement, même s’il transparaît, ne doit pas être pris en compte par l’interlocuteur. Puisqu’il n’y a pas de trace objective, cela n’existe pas. Le mensonge correspond simplement à un besoin d’ignorer ce qui va à l’encontre de son intérêt narcissique. C’est ainsi que l’on voit les pervers entourer leur histoire d’un grand mystère qui induit une croyance chez l’autre sans que rien n’ait été dit : cacher pour montrer sans dire.
Emploi du  paradoxe : En bloquant la communication par des messages paradoxaux, le pervers narcissique place le sujet dans l’impossibilité de fournir des réponses appropriées, puisqu’il ne comprend pas la situation. Il s’épuise à trouver des solutions, lesquelles sont de toute façon inadaptées et, quelle que soit sa résistance, ne peut éviter l’émergence de l’angoisse ou de la  dépression.

Frappant non ?

Et frappant est le terme adéquat car les victimes de ces deux personnages sont condamnées à mort :

- Destruction psychologique pour le pervers narcissique

- Destruction physique pour le psychopathe

Quoi qu’il en soit, les deux victimes peuvent aussi être conduites à la mort ; la première par le suicide et la deuxième par le meurtre.

 

Quelles différences entre pervers narcissiques et psychopathes ?

 

Quelles différences entre pervers narcissique et psychopathe ? dans Les thematiques 3psy_photo3

Un trouble de mémoire sur l’Acropole

Cette lettre de Sigmund Freud destinée à Romain Roland montre une autre facette de cet homme et je tenais à vous l’offrir :

 

Un trouble de la mémoire sous l’Acropole

Très cher ami, vivement sollicité d’écrire quelque chose pour contribuer à la célébration de votre soixante-dixième anniversaire, j’ai longtemps cherché un sujet qui fût en quelque manière digne de vous, qui exprimât mon admiration pour votre amour de la vérité, pour votre courage de penseur, votre humanité, votre nature secourable. Ou encore qui témoignât de ma gratitude pour le poète auquel je dois tant de joies élevées. Ce fut en vain; j’ai dix ans de plus que vous; ma production est tarie. Ce que je puis finalement vous offrir n’est que le don d’un homme appauvri, ayant connu jadis « des jours meilleurs ».

Vous le savez, mon travail scientifique s’était donné pour but d’étudier certains phénomènes psychiques inhabituels, anormaux, pathologiques, c’est-à-dire de les rapporter aux forces psychiques qui sont à l’œuvre derrière eux et d’en mettre à nu les mécanismes actifs. Je l’ai d’abord tenté sur ma propre personne, puis sur d’autres, enfin, par un audacieux empiétement, sur l’espèce humaine tout entière. L’une de ces expériences que j’ai faite moi-même il y a de cela une génération – c’était en 1904 – et que je n’avais jamais comprise depuis, m’est sans cesse revenue en mémoire ces dernières années sans que j’en puisse voir la raison. A la fin, je me suis décidé à analyser ce petit épisode et je vous communique le résultat de mon étude. Ce qui m’oblige à vous demander d’accorder aux données de ma vie personnelle plus d’attention qu’elles n’en mériteraient autrement.

 » Un trouble de mémoire sur l’Acropole « 

A cette époque, j avais coutume de partir tous les ans avec mon frère cadet, à la fin d’août ou au début de septembre, pour un voyage de vacances qui durait plusieurs semaines et qui nous conduisait à Rome, dans une quelconque région d’Italie ou sur quelque côte de la Méditerranée. Mon frère a dix ans de moins que moi, il a donc le même âge que vous – par une coïncidence qui ne me frappe qu’à l’instant. Cette année-là, mon frère m expliqua que ses affaires ne lui permettaient pas une absence prolongée, il pourrait tout au plus s’absenter une semaine, notre voyage devrait donc être abrégé. Nous décidâmes de partir de Trieste pour nous rendre à l’île de Corfou, où nous passerions nos quelques jours de congés.

A Trieste, il fit une visite à l’un de ses amis d’affaires qui résidait dans cette ville, et je l’accompagnai. Cet homme aimable s’informa en outre de nos projets ultérieurs, et quand il apprit que nous voulions aller à Corfou, il nous le déconseilla vivement :  » Qu’y feriez-vous à cette époque de l’année? Il fait tellement chaud que vous ne pourrez rien entreprendre. Allez donc plutôt à Athènes. Le vapeur de la Lloyd part cet après-midi, il vous laissera trois jours pour visiter la ville et il vous reprendra au retour. Ce sera plus agréable et plus avantageux. « 

En quittant l’homme de Trieste, nous étions tous deux d’une humeur singulièrement maussade. Nous discutâmes le plan proposé, le jugeâmes tout à fait inopportun et ne vîmes que des obstacles à sa réalisation; de plus, nous supposions qu’on ne nous laisserait pas entrer en Grèce sans passeports. En attendant que les bureaux de la Lloyd fussent ouverts, nous flânâmes dans la ville, indécis et mécontents. Mais une fois l’heure venue, nous allâmes au guichet et prîmes des billets pour Athènes comme 51 cela allait de soi, sans nous soucier des prétendues difficultés, sans même nous confier l’un à l’autre les raisons de notre décision.

Cette conduite était vraiment très étrange. Plus tard, nous reconnûmes que avions accepté tout de suite avec le plus grand empressement la proposition de remplacer Corfou par Athènes. Mais alors, pourquoi nous étions-nous gâché par de la mauvaise humeur le moment d’attente qui précéda l’ouverture des guichets, pourquoi ne nous étions-nous fait miroiter que des empêchements et des difficultés ? L’après-midi de notre arrivée, quand je me trouvai sur l’Acropole et que j’embrassai le paysage du regard, il me vint subitement cette étrange idée : Ainsi tout cela existe réellement comme nous l’avons appris à l’école !

Ou pour décrire la chose plus précisément la personne qui manifestait son sentiment se distinguait beaucoup plus nettement qu’il n’apparaît d’ordinaire d’une autre personne qui, elle, enregistrait la manifestation, et toutes deux étaient étonnées, encore que ce ne fût pas de la même chose. La première faisait comme si, sous cette impression indubitable, il lui fallait croire à quelque chose dont, jusque-là, la réalité lui avait paru incertaine.

En exagérant un peu, elle faisait comme quelqu’un qui, se promenant en Ecosse sur les bords du Loch Ness, verrait tout à coup le corps du célèbre monstre jeté sur le rivage devant lui et serait ainsi contraint de s’avouer : il existe donc vraiment ce serpent de mer auquel nous n avons jamais cru! Mais l’autre personne s’étonnait à bon droit parce qu’elle ignorait que l’existence réelle d’Athènes, de l’Acropole et de ce paysage eût jamais été un objet de doute. Elle eût été plutôt préparée à une expression d’exaltation et de ravissement.

On serait tenté de croire que cette pensée déconcertante sur l’Acropole tend seulement à souligner le fait qu’il y a vraiment une différence entre voir quelque chose de ses propres yeux, et le connaître par des lectures ou par ouï-dire. Mais ce serait une manière bien bizarre d’habiller un lieu commun dépourvu d’intérêt. Ou encore on pourrait se hasarder à dire qu’étant lycéen, on prétendait certes avoir été convaincu par la réalité historique de la ville d’Athènes et de son histoire, mais que cette idée subite sur l’Acropole révèle justement qu’à cette époque l’inconscient n’y avait pas cru, ce ne serait que maintenant qu’on aurait acquis une conviction  » plongeant dans l’inconscient « .

Une pareille explication rend un son très profond, mais elle est plus facile à suggérer qu’à prouver, et puis elle est très attaquable théoriquement. Non, je pense que les deux ordres de choses – la mauvaise humeur à Trieste et l’idée subite sur l’Acropole – sont étroitement solidaires. Comme le premier est plus facile à comprendre, il nous aidera peut-être à expliquer le second.

L’aventure de Trieste, je le note, ne fait elle aussi qu’exprimer le scepticisme  » Il nous serait donné de voir Athènes ? Mais c’est impossible, il y a trop d’obstacles.  » La mauvaise humeur qui accompagne l’incident répond ensuite au regret qu’inspire cette impossibilité. Cela aurait été si beau! Et maintenant on sait à quoi s’en tenir. C’est un cas de too good to be true, comme nous en rencontrons si souvent. Un de ces cas de scepticisme qui se manifeste si fréquemment quand on est surpris par une nouvelle messagère de bonheur, quand on a gagné le gros lot, obtenu un prix, ou, pour une jeune fille, quand l’homme secrètement aimé a demandé sa main à ses parents, etc.

Constater un phénomène, c’est bien entendu soulever aussitôt la question de ses causes. Un pareil scepticisme est manifestement une tentative pour refuser une portion de réalité, mais il y a là quelque chose de déroutant. Nous ne serions pas étonnés si une tentative de ce genre se dirigeait contre une part de la réalité qui risquerait d’engendrer le déplaisir; notre mécanisme psychique est en quelque sorte calculé pour cela. Mais pourquoi se montrer sceptique à l’égard de quelque chose qui promet au contraire un intense plaisir? C’est vraiment un comportement paradoxal!

Je rappelle pourtant que j’ai traité naguère le cas analogue de ces personnes qui, comme je le disais,  » échouent à cause de leur succès « . Dans les autres cas, on tombe le plus souvent malade à cause de l’échec, du non-accomplissement d’un besoin ou d’un désir vital; mais chez ces personnes c’est le contraire, elles tombent malades et même font naufrage parce qu’un de leurs désirs, doué d’une intensité exceptionnelle, a trouvé son accomplissement. Cependant, l’opposition des deux situations n’est pas si grande qu’il y paraît d’abord.

Dans le cas paradoxal, C’est simplement que le refus intérieur a pris la place du refus opposé par le monde extérieur. On ne s’accorde pas ce bonheur, le refus intérieur commande qu’on maintienne le refus extérieur. Mais pourquoi? La réponse est donnée par toute une série de cas parce qu’on ne peut s’attendre à rien de bon de la part du destin. Ainsi, une fois de plus le too good to be true, l’expression d’un pessimisme dont beaucoup d’entre nous semblent loger une bonne part en eux.

D’autres fois, les choses se passent tout à fait comme pour ceux qui échouent à cause de leur succès, il s’agit d’un sentiment de culpabilité ou d’infériorité qui peut se traduire ainsi  » Je ne suis pas digne d’un pareil bonheur, je ne le mérite pas.  » Mais au fond ces deux motivations reviennent au même, l’une n’est que la projection de l’autre. Car, nous le savons depuis longtemps, le destin dont on attend un mauvais traitement est la matérialisation de notre conscience, de ce sévère Surmoi qui est en nous et dans lequel s’est déposée l’instance répressive de notre enfance.

Ainsi, je pense, s’expliquerait notre conduite à Trieste. Nous ne pouvions pas croire que la joie de voir Athènes nous fût réservée. Le fait que la portion de réalité que nous voulions refuser n’avait été d’abord qu’une possibilité détermina les particularités de notre réaction sur le moment. Mais lorsque nous nous trouvâmes sur l’Acropole, la possibilité était devenue réalité, et le même scepticisme trouva une manière différente de s’exprimer, beaucoup plus claire toutefois. Sans déformation, le scepticisme aurait dû dire  » Je n’aurais jamais cru qu’il me serait donné de voir Athènes de mes propres yeux, ce qui est pourtant incontestablement le cas!  »

En me rappelant de quel désir ardent de voyager et de voir le monde j’étais possédé pendant mes années de lycée et plus tard, et avec quel retard ce désir a trouvé un début d’accomplissement, je ne m’étonne pas des répercussions qu’il a eues sur l’Acropole; à cette époque j’avais quarante-huit ans. Je n’ai pas demandé à mon frère cadet s’il ressentait quelque chose d’analogue. Une certaine pudeur s’attachait à toute cette aventure, déjà à Trieste elle nous avait empêchés d’échanger nos idées.

Cependant, si j’ai correctement deviné le sens de mon idée subite sur l’Acropole en pensant qu’elle exprimait mon étonnement joyeux de me trouver maintenant en cet endroit, reste à savoir pourquoi ce sens a revêtu dans l’idée elle-même un aspect aussi déformé et aussi déformant.

Le contenu essentiel de la pensée a été conservé même dans la déformation, c’est un refus de croire  » D’après le témoignage de mes sens, je suis maintenant sur l’Acropole, seulement je ne peux pas le croire.  » Mais ce refus de croire, ce doute à l’égard d’une portion de la réalité se trouve dans mon propos déplacé de deux façons, d’abord il est rejeté dans le passé, puis transféré de mes rapports avec l’Acropole sur l’existence de l’Acropole elle-même.

Il en résulte quelque chose qui revient à dire que j’aurais jadis douté de l’existence réelle de l’Acropole, ce que ma mémoire m’oblige toutefois à refuser comme inexact, voire impossible.

Les deux sortes de déformations représentent deux problèmes indépendants l’un de l’autre. On peut tenter de pénétrer plus profondément dans le processus de cette transposition. Sans fournir en détail les données qui m’y conduisent, je prendrai pour point de départ ce fait qu’à l’origine il dut y avoir la sensation que la situation d’alors présentait quelque chose d’incroyable et d’irréel.

La situation comprend ma personne, l’Acropole et ma perception de celle-ci. Je ne sais où caser ce doute, puisque je ne peux pas mettre en doute les impressions sensorielles qui me viennent de l’Acropole. Mais je me souviens que, dans le passé, j’ai douté de quelque chose qui avait affaire avec cet endroit justement, et je trouve là l’information qui me permet de replacer mon doute dans le passé. Mais du même coup le doute change de contenu. Car je ne me rappelle pas simplement que dans mon jeune âge je doutais de jamais voir d’Acropole moi-même, j’affirme qu’à cette époque je n’avais absolument pas cru à la réalité de l’Acropole.

C’est justement ce résultat de la déformation qui me permet de conclure que la situation d’alors sur l’Acropole contenait un élément de doute à l’égard de la réalité. Jusqu’ici je n ai assurément pas réussi à éclairer le déroulement des faits, c’est pourquoi je me bornerai à dire pour finir que toute cette situation apparemment confuse et difficilement descriptible se résout d’un coup si on admet que, sur l’Acropole, j’ai eu ou aurais pu avoir un instant ce sentiment ce que je vois là n’est pas réel. On appelle cela un  » sentiment d’étrangeté « . Je fis un effort pour me protéger contre ce sentiment et j’y parvins au prix d’un énoncé erroné sur le passé.

Ces sentiments d’étrangeté sont des phénomènes bizarres et encore bien peu compris. On les décrit comme des  » sensations « , mais ce sont apparemment des processus compliqués, liés à des contenus déterminés et à des décisions concernant ces contenus. Très fréquents dans certaines affections psychiques, ils ne sont pourtant pas inconnus de l’homme normal, ils jouent un peu le rôle des hallucinations accidentelles chez les gens sains. D’un autre côté ce sont aussi sûrement des actes manqués, constitués d’une façon aussi anormale que les rêve, lesquels, bien qu’ils se produisent régulièrement chez les gens normaux, peuvent passer pour des exemples de troubles psychiques.

On les observe sous deux formes : ou bien une partie de la réalité nous apparaît comme étrangère, ou bien c’est une partie de notre propre moi. Dans ce dernier cas on parle de « dépersonnalisation »; sentiments d’étrangeté et dépersonnalisations font partie de la même catégorie. On peut voir en quelque sorte leurs pendants positifs dans d’autres phénomènes, ceux qu’on appelle fausse reconnaissance, déjà vu, déjà raconté, illusions dans lesquelles nous voulons accepter quelque chose comme faisant partie de notre Moi, de la même façon que dans les sentiments d’étrangeté nous nous efforçons d’exclure quelque chose de nous-mêmes.

Une explication relevant d’un mysticisme naïf et non de la psychologie prétend utiliser les phénomènes de déjà vu comme preuve des existences antérieures de notre Moi psychique. De la dépersonnalisation on est conduit à la  » double conscience « , phénomène au plus haut point remarquable qu’il est plus juste d’appeler  » dédoublement de la personnalité « . Tout cela est encore si obscur, si peu dominé par la science que je dois m’interdire de vous l’exposer plus longuement.

Il me suffira de revenir à deux caractères que les sentiments d’étrangeté ont tous en commun. Le premier concerne leur rôle de défense, ils veulent éloigner quelque chose du Moi, le nier. Or les nouveaux éléments qui peuvent nécessiter une réaction de défense proviennent de deux sources différentes, du monde extérieur réel et du monde intérieur des pensées et des tendances qui surgissent dans le Moi. Cette alternative correspond peut-être à la différence entre les sentiments d’étrangeté proprement dits et les dépersonnalisations. Pour s’acquitter de ses tâches de défense, notre Moi dispose d’un nombre extraordinaire de méthodes, ou de mécanismes, comme nous disons.

L’étude de ces moyens de défense se fait actuellement dans mon voisinage le plus proche : ma fille, l’analyste d’enfants, écrit un livre sur ce sujet. Le plus primitif et le plus complet de ces moyens, le  » refoulement « , a été le vrai point de départ de notre approfondissement de la psychopathologie. Entre le refoulement et la défense contre les choses pénibles ou insupportables, défense qu’on peut appeler normale et qui se traduit par l’acceptation, la réflexion, le Jugement et l’action appropriée à ses fins, il y a une longue série de comportements du Moi dont le caractère pathologique est plus ou moins marqué.

Puis-je m’arrêter à un exemple extrême illustrant une défense de ce genre? Vous connaissez la célèbre complainte du Maure espagnol Ay de mi Alhama, qui raconte comment le roi Boabdil accueille la nouvelle de la chute de sa ville Alhama. Il devine que cette perte signifie la fin de son règne. Mais comme il ne  » veut pas le savoir « , il décide de traiter la nouvelle comme non arrivée. Voici la strophe :

Cartas le fueron venidas,

de que Alhama era ganada

Las cartas echó en el fuego

y al mensagero mataba.

On devine aisément que la conduite du roi est déterminée en partie par le besoin de lutter contre son sentiment d’impuissance. En brûlant les lettres et en faisant tuer le messager, il cherche encore à démontrer l’intégrité de son pouvoir.

L’autre caractère général des sentiments d’étrangeté – leur dépendance à l’égard du passé, à l’égard du trésor de souvenirs du Moi et d’expériences précoces pénibles qui sont peut-être depuis tombées sous le coup du refoulement – ne leur est pas concédé sans objection. Mais, précisément, mon expérience sur l’Acropole, qui aboutit bien à un trouble de mémoire, à une falsification du passé, nous aide à mettre cette influence en évidence. Il n’est pas vrai que pendant mes années de lycée j’aie jamais douté de l’existence réelle d’Athènes.

Je doutais seulement de voir jamais Athènes de mes propres yeux. Aller si loin, «   faire si bien mon chemin  » me paraissait hors de toute possibilité. Ce sentiment était lié à l’étroitesse et à la pauvreté de nos conditions de vie dans ma jeunesse. Et sûrement, mes rêves de voyage exprimaient aussi le désir d’échapper à l’atmosphère familiale, ce même désir qui pousse tant d’adolescents à faire des fugues. J’avais depuis longtemps démêlé qu’une bonne part de mon envie de voyager tenait à ce désir d’une vie libre, autrement dit à mon mécontentement au sein de ma famille. Quand on voit la mer pour la première fois, qu’on traverse l’océan, des villes et des paysages réels dont on a rêvé longtemps comme de choses lointaines et inaccessibles, on se fait à soi-même l’effet d’un héros ayant accompli d’incroyables prouesses.

Ce jour-là, sur l’Acropole, j’aurais pu dire à mon frère : « Te souviens-tu de notre jeunesse? Tous les jours nous faisions le même chemin pour aller au lycée, le dimanche nous allions sur le Prater ou dans un coin de campagne que nous connaissions déjà si bien, et maintenant nous sommes à Athènes, nous voilà sur l’Acropole! Comme nous avons fait du chemin!  » S’il est permis de comparer de si petites choses avec des événements infiniment plus grands, Napoléon 1er, le jour de son couronnement à Notre-Dame, ne s’est-il pas tourné vers l’un de ses frères – je crois que c’était Joseph, l’aîné – en disant :  » Que dirait Monsieur notre père s’il pouvait être ici maintenant? « 

Et si nous nous demandons pourquoi nous nous étions gâché dès Trieste le plaisir d’aller à Athènes, nous touchons à la solution du petit problème. Il faut admettre qu’un sentiment de culpabilité reste attaché à la satisfaction d’avoir si bien fait son chemin : il y a là depuis toujours quelque chose d’injuste et d’interdit. Cela s’explique par la critique de l’enfant à l’endroit de son père, par le mépris qui a remplacé l’ancienne surestimation infantile de sa personne. Tout se passe comme si le principal, dans le succès, était d’aller plus loin que le père, et comme s’il était toujours interdit que le père fût surpassé.

A ces motivations générales s’ajoute dans notre cas un facteur particulier : c’est que les thèmes d’Athènes et de l’Acropole contiennent en eux-mêmes une allusion à la supériorité des fils. Notre père avait été négociant, il n’avait pas fait d’études secondaires, Athènes ne signifiait pas grand-chose pour lui. Ainsi, ce qui nous empêchait de jouir de notre voyage était un sentiment de piété. Maintenant vous ne vous étonnerez plus que le souvenir de cet incident sur l’Acropole revienne si souvent me hanter depuis que je suis vieux moi-même, que j’ai besoin d’indulgence et que je ne puis plus voyager.

Janvier 1936.

Je vous salue bien cordialement

Votre Sigm. Freud

 

 

 

Un trouble de mémoire sur l'Acropole dans Les thematiques freud

 

 

 

Les SIMS habitent près de chez moi !

Si si, je vous assure, ils sont là, je les ai vus !

Ils sont sortis du jeu…

Plus les mois passent et plus le mimétisme s’installe. Je sais que la dame est une fan des SIMS mais là ça devient vraiment comique !
On ne peut pas rater la maison, à l’exterieur et de l’exterieur il n’y manque rien.

D’abord la maison, qui est sortie de terre relativement rapidement, l’on pouvait presque assister au jour le jour à sa construction, comme dans les SIMS.
Puis est arrivée la déco exterieure (rideaux ect…)
La tite dame, une vraie tite jeune SIMS ; dans sa façon de bouger, de s’exprimer.
Le monsieur, le vrai monsieur des SIMS rarement là mais là pour gueuler.
Ils ont rajouté 1 enfant puis 2, l’un derrière l’autre (bein oui normal) mais pour le 3e il faudra plus de simflouz pour agrandir la tite maison !
Ensuite sont arrivés les animaux !
Deux chiens d’abord, des tous tits ; oui les mêmes !
Puis une chèvre !

A mon avis ils possèdent la série de jeux complète car ils sont au top !

Ensuite sont nées les tites bâtisses : une pour les enfants, avec la tite échelle et tout et tout et puis celle de la bêbête avec son tout tit enclos.

Ils ont planté des fleurs mais sont cachées, là, pour l’instant sous des bâches, pas nous livrer tout en même temps, conserver l’effet de surprise…

La toute tite piscine est arrivée il y a peu de temps avec elle aussi sont tout tit enclos et toute la famille faisant joujou dedans.

Lorsque je suis rentrée tout à l’heure, c’était l’heure de l’apéritif chez les SIMS une toute tite table avec le petit monsieur et la petite dame assis en face à face sur leur tite terrasse.

Ah le bonheur c’est simple comme les SIMS !!!!!!!!!!!!!!!!

Vous me direz moqueuse… Non ! Car tout ceci est vraiment en bord de route, fait pour être vu et peut être que quelques simflouz bien placés aurait plutôt permis à leur intimité s’il l’avait souhaitée…

Une tranche d’anthropologie légère comme l’été…

Les SIMS habitent près de chez moi ! dans humour original

 

 

 

 

Chagrin

Lorsque peinée je suis
Là tu reviens
Tu reviens de si loin
Aux instants où je me fuis
Là je sens ta main
Et tu souffles demain
Tu rappelles l’existence
Tu rappelles ta présence
Tu me dis je suis là
Moi je suis là
Grâce à toi
La main qui revient est celle qui m’a sauvée
Me revient à moi ta courte vie rêvée
Lorsque peinée je suis
Là je sens ta colère
Contre celui qui hère
Sans présence
Dans l’absence
Sans la souffrance
Dans l’errance
Tu reviens pour me dire
Je t’ai sauvé la vie au dépit de la mienne
Ne pleure pas sur le maudire
Je revois ton sourire
Et j’entends la puissance de ton amour
Je revois son sourire
Et j’entends le bruit de ses mensonges d’amour
Lorsque peinée je suis
Il fuit
La vie
Celle que tu m’as offerte
Et pour toi
Tu vois
Je tourne le dos cette fois
A toi j’ai dit je t’aime pour la première fois
A lui je dis je t’aime pour la dernière fois
Pour toi
Sans qui je ne serais pas là

 

A Bruno

Chagrin dans perso 0

 

 

 

 

Après la fête des grands mères – la retraite des grands mères !

Article :
mi-humour – mi-colère – mi-sarcastique

 

J’ai accompagné vendredi matin, une de mes patientes auprès du médecin conseil (on peut enlever la fin) de la secu (on peut enlever le début) ….

 

J’ai accompagné cette femme à sa demande ; souffrant d’une dépression nerveuse et bien sur d’attaques de panique invalidantes  liées à un grave harcellement moral au travail (nous parlions de toute puissance…)

 

Cette convocation lui faisait peur, deux ans de détresse morale, deux ans de combat pour prouver le mal qui lui a été fait, elle est maintenant dans l’attente avec cette impression désagréable d’être dans la tente enfermée seule face à ses problèmes et la lenteur de la justice, des administrations et surtout et avant tout dans l’attente de pouvoir retravailler.

 

Convoquée à 9h15 ; elle a les mains moites, elle tremble et les minutes passent… 9h30… 9h45… je la sens fondre et perdre tous ses moyens.
10h00… elle est au bord des larmes déjà et je tente de lui parler de tout et de rien, juste faire sortir quelques mots. 10h15… 10h20 ENFIN son numéro s’affiche, oui elle n’est plus qu’un numéro…

 

Je l’accompagne jusqu’à la porte l’encourageant de mon mieux, je sais que je ne pourrais pas passer la porte, je connais les méthodes des personnes qui sont derrière ces portes !
Pas manqué, malgré ses supplications l’homme « médecin » (début du mot de tout à l’heure) m’envoie faire un tour pour cause de confidentialité.
Confidentialité mon ( la fin du mot de tout à l’heure…)

 

Je sors fumer sous le soleil déjà brûlant, à mon tour de compter les minutes tout en sachant dans quel état je vais retrouver ma pauvre patiente.

Je me souviens d’une que j’avais accompagnée à cet abattoir d’être humains, à qui le médecin sus cité avait fait cette remarque :

- Oui vous avez un cancer et alors qui n’en a eu un dans sa vie ?

……………………………………………

Je ne vous dis pas ce qu’elle avait suscité comme larmes et deconstruction !

 

11h ma patiente sort en courant et dévale les marches, je vois les larmes et la rougeur de son visage, plus elle s’approche et plus je constate le désastre. Les mains tremblantes, elle bredouille, hoquette mais n’arrive pas à parler. Je la fais asseoir près de moi et lui dit de prendre son temps, de respirer lentement, et de pleurer tout ce qui doit pleurer.
Sa voix se cadre, puis se pose…

 

- Si tu savais ce qu’il m’a dit ce con (ah j’avais prévenu ci-dessus) ; il m’a dit que je n’avais plus d’avenir professionnel qu’à 56 ans j’avais cas me contenter de m’occuper de ma petite fille ; que personne ne me réembaucherait à mon âge ; que j’avais cas attendre ma retraite…

 

Et tant d’autres inepties et horreurs que je tue pour l’instant, ma patiente s’exprimera un jour lorsque le moment sera venu pour elle de médiatiser ce qu’on lui a fait.

 

56 ans cette femme dynamique cadre sup et directrice d’une structure doit et devrait se mettre elle même dans un placard pour grands mères et attendre la mort aussi pendant qu’on y est !

 

Alors étant grand mère moi même, je demande donc à l’état au nom de toutes les grands mères, une allocation grands mères et une retraite anticipée pour cause de petite fille !

 

Ma patiente qui repartait au combat, qui tenait le flambeau malgré tout ce qu’elle a subi ; maintenant devrait passer le relai et se contenter de faire des puzzles avec sa petite fille.

 

Pourquoi tant d’inhumanité chez ces « médecins » là ?
Qui sont ils donc ?
Pour qui se prennent ils pour détruire en quelques minutes le travail de tant de mois ?

 

 

Après la fête des grands mères - la retraite des grands mères ! dans coup de gueule pow_377x505

 

 

 

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