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Archives pour novembre 2010

De retour du pays des cigales

Je viens de reprendre contact avec le net et je m’excuse pour les com qui n’étaient pas passés.

A tout à l’heure et merci d’avance pour vos com auxquels je répondrai bien sur

Bien à vous tous et toutes

Les femmes battues

Un sujet que je n’ai jamais abordé sans doute parce que traité par mon analyse, je ne souffre plus des séquelles mais je n’ai rien refoulé et si je souhaite en parler aujourd’hui c’est que si moi je n’en souffre plus, mon amie qui m’est si chère elle souffre de ce qui m’est arrivée et notre passé commun en souffre aussi.

Je souhaite aussi par cet article donner espoir à d’autres femmes, car même si c’est difficile, il est possible de s’en sortir et bien s’en sortir !!!

Etre femme battue c’est vivre dans la peur, l’humiliation, la culpabilité et la honte.
C’est ne jamais savoir quand et pourquoi vous allez souffrir.
C’est vivre dans le mensonge de la marche qu’on a ratée ; de la porte mal ouverte ou mal fermée ; de la vitre brisée ; de l’huile qui a giclé… Tout pour expliquer les équimoses et autres blessures, tout sauf la vérité…

Etre femme battue c’est être prise en otage parce que très souvent, il y a des enfants et le chantage qui va avec !

Etre femme battue c’est vivre dans la menace du pire si l’on ose en parler, et déposer plainte semble insurmontable étant partagée entre la peur et le chantage, la libération n’est même pas entrevue dans le fait de parler.

Etre femme battue c’est être violée aussi, la reconnaissance du viol par l’ époux n’est pas si ancienne que cela ; en tout cas dans les années 80 cela ne l’était pas. Il était normal que le mari prenne possession de ce qui lui appartenait : le corps de son épouse…

Oui, j’ai été femme battue durant 7 années, je me suis débattue contre un monstre faisant le double de mon poids durant 7 années sous ou sans l’emprise de l’alcool cela ne changeait rien à sa violence. La violence est en lui et le restera.
Il savent être doux et tendres au début, au tout début en général jusqu’à temps que vous disiez oui à la mairie et d’un coup tout change, tout bascule, l’homme se transforme en monstre… Pour un verre cassé, pour un plat trop cuit, pour un vêtement qu’il estime mal lavé ou repassé et pour rien, surtout pour rien…

De mes parents je ne pouvais rien attendre, ils refusaient de voir d’entendre et de parler. Ne rien voir est plus simple et cause beaucoup moins de problèmes.

Comme toutes les autres j’ai survécu des années m’habituant à la souffrance et sans espérance, il m’arrivait parfois de faire mes valises mais dans quel but et pour qui ? Alors anorexie, enfermement volontaire car sortir signifiait rencontrer d’autres gens et dans ces autres gens, se trouvaient d’autres hommes et qui disait d’autres hommes disait d’autres coups, pour un regard qui n’y était pas…

Puis je l’ai rencontré LUI et près de LUI se trouvait ELLE.
Pour LUI j’ai osé bravé le monstre et lui annoncer mon départ mais c’était sans compter sur la folie de sa violence.
Pourtant j’avais la force de l’amour, celle qui vous donne des ailes mais malheureusement pas assez pour s’envoler…
Mes deux amours, tant elle que lui vivaient encore chez leurs parents, alors où partir ?????
Nous avons vécu des années effrayantes tous les 3 où les menaces de mort pesaient sur les 3 ; il m’était devenu plus insupportable de les savoir en danger que de l’être moi même.
Puis il y eu cette soirée où il a posé un revolver sur ma tempe après avoir brisé le mur de la salle de bain ou je m’étais réfugiée et m’avoir traînée par les cheveux dans toute la maison. Je me suis dis que là c’était la fin et je ne pensais qu’à ce qui pourrait leur arriver à eux deux après… Et une vitre brisée, brisée par ELLE alertée par mes cris. De surprise il m’a lâchée. ELLE a pris ma main et nous avons couru.
Par la fenêtre il a tiré. Oui il aurait pu nous tuer toutes les deux.

Quelques jours plus tard je partais droit devant moi sans me retourner… Loin…
Des larmes j’en ai versées ; puis le premier silence pour qu’ils m’oublient et le deuxième silence pour me reconstruire.
Mais, moi loin d’eux, ils ne risquaient plus rien…

Je n’ai pas déposé plainte et je le regrette aujourd’hui mais la peur pour nous trois était la plus forte.
Bien sur les langues se sont déliées mais dans le sens ou l’on a plaint ce pauvre abandonné par sa femme : le prix du silence…
Les choses ont changé en 2010, on en parle, je dis bien ON car les femmes concernées restent encore bien muettes et je le vois, je l’entends, dans mon cabinet.

Oui on peut s’en sortir et s’en sortir bien, mais tout a un prix et j’aurai souhaité être la seule à le payer mais leur peine à mon départ m’a bien fait comprendre le contraire, mais cette peine je viens seulement de la comprendre en LA retrouvant…

Haut et fort, oui, je peux le dire car la honte n’est pas pour nous mais pour eux : j’ai été une femme battue !
Jamais je ne pardonnerai !!!!!!!!!!!!!!!!!

Un jour un homme m’a dit : il faut avoir les deux sons de cloches pour connaître la vérité…

Quoi de plus blessant pour une ex femme battue ?

Eh bien tu vois, toi qui a prononcé ces mots, la vérité tu l’as sous les yeux corroborée par celle qui m’a sauvée.

A toutes les femmes battues qui liront ceci je dis : courage fuyez ! Mais surtout PARLEZ !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Les femmes battues dans amitie 547892

 

Psy… Psy… Psy…

Je souhaitais écrire cet article dans le but de dénoncer la connerie de gueguerre entre chologues chanalystes chiatres, car on a bien l’impresssion que plutôt que de suivre leurs patients certains suivent avant tout une doctrine et qui dit doctrine dit secte et qui dit secte dit sectaire…

Tout ce qui est hors de ce qui est dans leur doctrine est mal ou placébo !!!!!!!!!

Alors je crois qu’avant de vouloir soigner les autres à coup de dogmes certains devraient peut être se soigner eux mêmes, car il n’y a pas de classification autre que le soulagement et la guérison de ses patients.

Crier au loup n’a jamais empeché de se faire mordre ou de se faire manger, mais le plus souvent ceux qui crient au loup sont tout simplement abattus par les chasseurs eux mêmes… Et dans le cas présent qui est le chasseur ?

Etre psy quelle qu’en soit la terminaison est avant tout un don et surtout le don de soi…
Certains sont doués pour la musique ou la peinture et ne dit on pas : il ou elle est doué(e) ?
Je peux passer des années à apprendre le piano ou le violon, je ne serai jamais douée !

Certains peuvent passer des années sur les bancs de la fac de psycho et faire des boulimies de livres psy ; ils ne seront jamais faits pour ce métier, parce que simplement… Pas doués…

Psy... Psy... Psy... masque_loup_a_peindre

 

 

 

 

Onfray : le retour = Pour une psychanalyse non-freudienne

A lire et écouter

 

Qu’en pensez vous ?

Une femme avec toi

Je fréquentais alors des hommes un peu bizarres
Aussi légers que la cendre de leurs cigares
Ils donnaient des soirées au château de Versailles
Ce n’étaient que des châteaux de paille
Et je perdais mon temps dans ce désert doré
J’étais seule quand je t’ai rencontré
Les autres s’enterraient, toi tu étais vivant
Tu chantais comme chante un enfant
Tu étais gai comme un italien
Quand il sait qu’il aura de l’amour et du vin
Et pour la première fois
Je me suis enfin sentie :

Femme, femme, une femme avec toi
Femme, femme, une femme avec toi

Tu ressemblais un peu à cet air d’avant
Où galopaient des chevaux tous blancs
Ton visage était grave et ton sourire clair
Je marchais tout droit vers ta lumière
Aujourd’hui quoi qu’on fasse
Nous faisons l’amour
Près de toi le temps parait si court
Parce que tu es un homme et que tu es gentil
Et tu sais rendre belle nos vies
Toi tu es gai comme un italien
Quand il sait qu’il aura de l’amour et du vin
C’est toujours comme la première fois
Quand je suis enfin devenue :

Femme, femme, une femme avec toi
Femme, oh ! femme, une femme avec toi
Femme, femme, une femme avec toi.

2010… Les mots interdits ou l’hypocrisie verbale

Compte tenu des commentaires avant même l’écriture de mon article, je pense que vous voyez à peu près où je me dirige… Vers les mots interdits…

La gueule de bois, j’ai connu… La langue de bois, je ne connais pas !
J’appelle un chat = un chat
Mais aujourd’hui nous nous devons d’utiliser des faux mots, des faux termes, des « fausseries » pour faire semblant que ce que l’on dit n’est pas vraiment ce que l’on voulait dire ou alors si on a voulu le dire on s’excuse de demander pardon…

On ne dit plus :

Femme de ménage ; on dit technicienne de surface. Même si pour la personne cela ne change rien ni à ses conditions de travail, ni à son salaire.
Caissière ; on dit assistante de caisse. Et ça change quoi à cette personne qui souffre du dos en rentrant chez elle?
Noir ; on dit homme de couleur. Et je puis vous dire que cela énerve fortement les noirs justement car on a tous une couleur

Débile ! Voilà le coeur de mon coup de gueule de ce soir ; on dit déficient mental !!!! Et du coup si vous osez employer le mot à l’origine de cette définition et bien vous recevez une lettre de l’inspection académique qui n’a sans doute que cela à faire…

Oui j’ai dit DEBILE , j’ai dit que je ne voulais pas que mon petit Armand aille dans une CLIS ajoutant école de débiles ceci dans un contexte de réunion éducative ou logiquement l’on emploi les mots de la profession… Mais vous comprendrez mieux en lisant ma réponse :

 

Madame,


Comme suite à votre courrier du 9 novembre dernier m’accusant d’avoir tenu des propos déplacés, rapportés, selon vos écrits, par toute l’équipe éducative, je viens par ce mail vous demander ce que le mot ‘débile’ a de choquant lorsqu’il est employé pour définir un enfant qui manque de puissance intellectuelle et/ou de puissance d’efficacité ; définition que vous pourrez aisément trouver dans le dictionnaire Larousse, ce mot ne présentant des propos injurieux que s’il est utilisé de manière familière, ce qui, je pense n’est pas le but des réunions éducatives chacun employant à bon escient le vocabulaire associé à sa profession.

Il est singulier de lire que vous trouvez inacceptable d’utiliser le terme écoles de débiles pour définir la CLIS alors que la CLIS 1 est une orientation pour ces enfants selon toutes les circulaires officielles que j’ai pu lire y compris celles destinées au personnel enseignant de ces classes. Pour exemple les sites de l’ASH.

Au risque de me répéter le mot DÉBILE n’a rien d’irrespectueux, ni de choquant dans un contexte comme celui décrit ; il est par contre choquant pour moi, comme pour la mère d’Armand que les mots victime d’abus sexuels ne soient sortis d’aucune bouche des personnes faisant partie de l’équipe de suivi éducatif d’Armand hormis de la mienne, comme s’il s’agissait là de mots tabous imprononçables.

Cet enfant souffre d’un syndrome post traumatique lié à ce qu’il a subi et je ne puis moi accepter l’inacceptable à mon tour, à savoir que les enfants souffrant de ce type de syndromes soient considérés eux comme atteints d’une déficience nécessitant un passage en CLIS alors que si souffrance il y a, elle se trouve bien ailleurs.
Si vous souhaitez parler de mots choquants et inacceptables je vous rappellerais ceux prononcés l’an passé par la référente de l’inspection académique, à savoir :‘ Cet enfant est d’une lenteur on a envie de le secouer ‘ 
Ces mots ayant été prononcés après que l’équipe éducative ait visionné un DVD enregistré par mes soins montrant Armand en séance dans mon cabinet ; visionnage durant lequel la référente a pu mettre un visage sur un enfant qu’elle n’avait jamais rencontré comme cela est à nouveau le cas cette année je présume.

Pas dans votre département, mais j’ai visité des CLIS de niveau 1 à 4 et je sais aussi qu’une fois intégré dans ce système Armand ne pourra en sortir et que cet enfant mérite un autre avenir que celui ci.
Par ailleurs, je m’étonne que la mère d’Armand n’ait pas eu copie de votre lettre que je lui fais moi même parvenir ainsi que la présente réponse.


Je vous prie d’agréer, Madame, mes distinguées salutations.

Voilà !
Il est clair que l’on fait tout pour m’éloigner du suivi éducatif d’Armand mais c’est bien mal me connaitre et leur hypocrisie n’y pourra rien changer…

2010... Les mots interdits ou l'hypocrisie verbale dans coup de gueule Peintures-acryliques-abstraite-10-03-07

Litterature grise

L’on parle peu de la littérature grise et les sens varient selon l’orientation politique ou sociologique et selon également les pays.
La littérature grise est également importante dans tout ce qui concerne le transgénérationnel, donc la psychanalyse !

Si je fais un article aujourd’hui sur ce sujet c’est suite à la demande d’une de mes lectrices anciennement active au niveau des commentaires mais qui ne l’est plus depuis un certain temps, cette personne me demandant de bien vouloir effacer tous ses commentaires de mon blog et ce que je ne ferai pas car si l’on peut considérer que les com envoyés, postés, déposés sur le net sont du domaine public, je les considère moi, avant tout comme une sorte de littérature grise accordant une grande importance à celle ci.

Qu’est ce que la littérature grise ?
Pour tenter de l’expliquer simplement :
Tout ce que vous écrivez à longueur de journée – chez vous (post it) – sur votre lieu de travail (mémo et autres) – vos lettres d’amour – ect…
Tout ce qui n’est pas détruit devient de la littérature grise !

Dans le milieu socio-politique,  imaginez l’importance d’un petit mot retrouvé griffonné par  JFK – Churchill – Luther king  ou autres…  Leurs pensées propres, leurs intimes pensées ou leurs intimes convictions, tout ce qui aurait peut être pu changer la face du monde à un moment donné.
Des traces d’un moment de l’humanité, des traces préservées.

Même si cela a tendance à se développer, l’organisme Grey Net fut le premier à  y penser, à en faire les recherches et à conserver et cette conservation de ce qui semblait devoir partir à la destruction est importante du point de vue sociologique.
J’ai eu la chance d’avoir des échanges il y a de cela quelques années avec Dominic Farace l’un des piliers de Grey Net et de rencontrer l’un de leurs membres lors de son bref passage en France. Cela a enrichi non seulement mes connaissances personnelles mais également mes questionnements quant à mon travail transférant l’importance de cette littérature grise dans le milieu psychanalytique et comme je le mentionnais plus haut, notamment dans tout ce qui concerne le trangenerationnel.

La fameuse lettre volée d’Edgar Poe y prend là tout son sens, car ce qui a été volé peut être retrouvé et tout ce qui n’a pas été détruit peut nous aider à comprendre et à nous reconstruire; tout comme du point de vue sociologique, les petits mots des grands hommes pourraient, qui sait, un jour changer une vision.

Savoir conserver cette littérature grise pour nos descendants est important à mon sens tant il est dur parfois de se trouver dans un désordre familial avéré.
Retrouver une lettre d’une arrière grand mère expliquant ‘un pourquoi du comment’ peut avoir une repercution sur notre vie et ce à n’en pas douter.

Et pour en revenir à la demande de Madame X pour ce qui est l’effacement de ses commentaires anciens, j’y répondrai par le négatif car tout ce qui est ou a été écrit peut avoir une importance ou une incidence sur et dans l’avenir. Peut être que dans six mois ou un an un visiteur sur mon blog trouvera la réponse qu’il cherche à une question existentielle dans un commentaire de Madame X.

Les paroles s’envolent et les écrits restent alors sachons les conserver !

Litterature grise  dans Les thematiques CyTwombly

 

20 ans après…

Lorsque tu m’as appelée pour me dire que tu arrivais, je savais que tu le ferais car tu as toujours fait ce que tu disais.
Tu as bravé tes douleurs physiques et fait presque 5 heures de route pour passer 24 h avec moi.
Tu es repartie et le vide ressenti est immense d’où le besoin d’écrire ici ce que justement je ressens et ce que tu m’as fait réaliser en quelques heures…
J’ai compris qu’une grande amitié était comme un grand amour, que nous n’en avions qu’une et que pour ce qui me concerne elle est à toi.
J’ai compris pourquoi je ne me suis plus vraiment liée à qui que ce soit depuis 20 ans, oh, bien sur, j’ai rencontré d’autres personnes ‘amies’ mais personne comme toi. Tu es unique et tu le sais très bien. Ce qui nous uni est unique et tu le sais aussi.
Nous nous sommes sauvées la vie mutuellement dans des circonstances totalement différentes mais bien réelles.
Tu m’a permis de comprendre qu’aimer d’amitié c’est comprendre et pardonner, passer par dessus les années, rouler des heures pour donner et recevoir.
Les sentiments d’une grande amitié sont égaux à ceux ressentis dans un grand amour la seule différence est dans les rapports physiques.
Tu m’as aidée à comprendre ta douleur et la sienne, lors de mon départ obligé ; tu m’as appris ce qui s’est passé après, et j’espère moi que tu as compris que je n’ai jamais cessé de vous aimer mais que je devais vous protéger.
Dans tes mots, j’ai compris pourquoi j’avais souhaité installer mon cabinet en pleine campagne, aider et soutenir celles qui ont vécu la même chose que moi afin qu’elles ne perdent pas tout ce que j’ai perdu.
Nous avons tous une raison de faire ce métier et ceux qui y arrivent par hasard ne sauront jamais comprendre la souffrance.

C’est à mon tour de venir à toi et je viendrai comme je te l’ai dit…
Je viendrai pour toi bien sur et je viendrai pour donner cette conférence dans ce village ou j’ai grandi, dans ce village où l’on a détruit ce que j’avais de plus beau !

Oui je viendrai, je viendrai pour qu’ils voient que moi ils ne m’ont pas détruite mais m’ont fait grandir en réactions et en défenses.
Je viendrai pour lui, pour qu’il comprenne mon départ et je ferai face à nos ennemis d’antan dont les fantomes sont morts avec mon analyse.

Oui je viendrai, car s’ils ont beaucoup parlé, maintenant ils vont m’écouter…

Je viendrai, si ce n’est pour guerir mais pour apaiser vos deux douleurs !

Et puisque lui c’est toi et toi c’est lui et comme je t’ai souvent envié cette place de cousine confidente, alors à vous deux je dis :

Je vous aime….

20 ans après... dans amitie 398407854_small

 

Pour tout savoir sur Wilhelm REICH

J’ai souhaité remettre cet article car Monsieur Reich mérite d’être mieux connu
Bonne lecture

Ses débuts dans la psychanalyse

Né le 24 mars 1897 dans une famille juive non-pratiquante aisée, en Galicie, dans ce qui était alors l’Empire austro-hongrois, où son père dirigeait une vaste exploitation agricole, le jeune Wilhelm Reich est élevé d’une façon autoritaire, dans l’attachement aux valeurs allemandes. L’enfance de Wilhelm Reich y est assez solitaire et elle est marquée par le suicide de sa mère après qu’il l’eut dénoncée à son père pour l’avoir surprise en intimité avec son propre percepteur. Il sera particulièrement touché par la stupidité de son acte. Nous sommes en 1910, Wilhelm Reich a 14 ans. Le père, désespéré par la mort de sa femme, meurt de tuberculose en 1914. La guerre achève de ruiner la maison.

Wilhelm Reich, qui s’est engagé dans l’armée autrichienne en 1916, est libéré en 1918. Il s’inscrit à la faculté de droit de Vienne qu’il abandonne quelques mois plus tard pour entrer en médecine. Avoir fait la guerre lui permettra d’effectuer ses études en quatre ans au lieu de six. Étudiant pauvre et curieux, passionné de sciences naturelles et de philosophie, le jeune Wilhelm Reich est un travailleur facile et un lecteur insatiable, pas seulement curieux de connaissances, mais qui en a aussi réellement faim. Pour survivre et payer ses études, il donne des leçons à des étudiants plus jeunes. Il s’intéresse aux idées philosophiques de Bergson, dont la conception d’élan vital et d’une énergie créatrice le passionnent, et à la psychanalyse.

Sigmund Freud

Sigmund Freud

De 1919 à 1927, Wilhelm Reich est un jeune psychanalyste enthousiaste, qui travaille étroitement aux côtés de Freud, mais qui, très vite, abandonne la seule attitude d’écoute silencieuse de la psychanalyse classique et donne une importance particulière à l’orgasme comme régulateur des fonctions affectives et nerveuses de l’être humain.

Il constate alors l’importance particulière de la formation du caractère, l’adaptation individuelle de la personne à son monde environnant comme source essentielle et régulatrice des plaisirs possibles, admis et tolérables.

En janvier 1919 il participe, avec quelques camarades de faculté, à la création d’un séminaire de sexologie, d’où il mettra sous presse, à la fin de l’été, un travail sur le concept de pulsion et de libido de Forel à Jung ; travail dans lequel il établit un parallèle entre la conception freudienne de la libido et l’électricité, pour conclure: « la libido de Freud ne saurait être que l’énergie de l’instinct sexuel ». Cette même année, il rencontre Freud qui l’accueille chaleureusement. Ce sera le début de quatorze ans d’intense collaboration.

En mars 1922, il épouse Annie Pink qui deviendra elle-même une psychanalyste de renom. Ensemble, ils auront deux filles, Eva (1924) et Lore (1928).

En mai, l’Ambulatorium (clinique de ville) psychanalytique de Vienne ouvre ses portes. Wilhelm Reich en sera le premier assistant jusqu’en 1928, puis le sous-directeur élu jusqu’en 1930. Afin que ce dispensaire fonctionne, chaque psychanalyste accepte de donner, chaque jour, une heure de son temps en consultation gratuite. Cela s’avère bientôt insuffisant car les patients affluent. Cette clientèle populaire, bien différente de celle vue en pratique privée, ne tarde pas à convaincre Wilhelm Reich que :

  • les névroses sont très largement répandues, à la manière d’une épidémie ;
  • les troubles de la fonction génitale sont, de loin, les plus nombreux ;
  • la psychanalyse n’est pas une thérapie applicable sur une large échelle ;
  • la psychothérapie individuelle n’a qu’un rayon d’action très limité.

Reçu docteur en médecine en juillet, Wilhelm Reich poursuit sa formation psychiatrique. En septembre, il participe au Congrès psychanalytique de Berlin. Sur le chemin du retour, il propose à quelques jeunes collègues de fonder un « séminaire technique » dont le but serait de perfectionner la technique psychanalytique par l’étude systématique des cas. Freud acceptera l’idée et Hitschmann, le directeur du dispensaire psychanalytique de Vienne, en prendra la direction.

En 1924, Wilhelm Reich, dont les préoccupations sociales se font pressantes, entre au Parti socialiste autrichien. Naissance de sa fille aînée, Eva, qui deviendra médecin et poursuivra son œuvre, surtout auprès des femmes enceintes et des nouveau-nés.

En 1924, au Congrès de Salzbourg, il présente une communication : « Observations complémentaires sur l’importance thérapeutique de la libido génitale » dans laquelle il introduit pour la première fois le concept de « puissance orgastique » qu’il différencie nettement de celui de « puissance érectile » et insiste sur le fait que l’orgasme est l’expression de l’abandon mutuel des partenaires. Il démontre l’importance thérapeutique de la satisfaction sexuelle et de l’orgasme. Il insiste aussi sur le fait que la pérennité d’une guérison apportée par traitement psychanalytique est en relation directe avec le retour et le maintient de la satisfaction orgastique de la personne que ce traitement a réussi à réinstaurer ( »retour » car elle a été perdu dans le cours de la vie – le plus souvent lors de la petite enfance, qui donnera les modalités de la perte qui seront fixées lors de la puberté – de ce patient).

Dans ce séminaire de technique psychanalytique, il élabore, pour l’essentiel, les idées qu’il développera dans L’Analyse caractérielle.

Cette même année, il prend la direction du séminaire technique (Wiener Seminar fur Psychoanalytische Therapie) qu’il dirigera jusqu’en 1930, date de son départ pour Berlin. Pratiquement tous les analystes de la troisième génération, y compris Anna Freud, y assisteront. Ce séminaire technique le mit en présence de deux choses : d’un côté il y avait la situation clinique, la névrose de stase, les enfants, la misère pécuniaire et sexuelle des masses. De l’autre la répugnance des psychanalystes à se pencher sur ces problèmes, répugnance qui est toujours identique de nos jours. Cette sensibilité sociale de Wilhelm Reich aura d’importantes répercussions sur son existence et sur son œuvre. Dans La fonction de l’orgasme, il raconte qu’il alla un jour voir une jeune ouvrière dans son taudis. « Là, dit-il, j’eus à me poser non pas les nobles problèmes de l’étiologie des névroses, mais la question de savoir comment il était possible à un organisme humain de tolérer si longtemps une telle vie. » « Le heurt entre Wilhelm Reich et Sigmund Freud n’est que le reflet de l’opposition entre le monde cultivé, bien installé, et la vie réelle des gens luttant pour leur existence. C’est un chapitre effrayant de l’histoire de la science », dira-t-il plus tard.

En 1926, Wilhelm Reich remet à Freud, à l’occasion de son soixante-dixième anniversaire, le manuscrit qu’il publiera l’année suivante: Die Funktion des Orgasmus, assorti de la dédicace suivante: « À mon maître, le professeur Sigmund Freud, en témoignage de profond respect ». Wilhelm Reich mettait beaucoup d’espoir dans ce livre où il avait réuni la majeure partie de ses découvertes cliniques sur l’orgasme. Freud le reçut sans enthousiasme. De plus, lui qui habituellement lisait un manuscrit en quelques jours, tarda deux mois pour envoyer à son auteur une note assez laconique. Celui-ci en fut cruellement déçu.

Une approche Freudo-Marxiste

De 1927 a 1938, très engagé socialement, Wilhelm Reich tente une synthèse des apports de Freud et de Karl Marx au sein de ce qu’il appelle l’économie sexuelle et la démocratie du travail.

Karl Marx

Karl Marx

Pour désigner la ligne qui s’affirme désormais comme la sienne, Wilhelm Reich n’utilise plus dans ces travaux le terme « psychanalyse » mais celui d’ »économie sexuelle » : « L’économie sexuelle est le prolongement de la psychanalyse de Freud à laquelle elle apporte le solide soutient des sciences naturelles, de la biophysique et de la sexologie sociale ». Dans cette dernière, il intègre le point de vue socio-économique de Marx (c’est-à-dire la critique de la « force de travail« , de celui qui la fournit et de celui qui l’utilise, puisqu’il est un fait qu’il y a encore de nos jours deux personnes pour une seule chose : celle qui la fournit est déresponsabilisée de son usage et l’autre qui s’en sert est déresponsabilisée de son résultat) et prête une attention particulière à la manière dont un individu emploie son énergie biologique, sa vitalité, selon des facteurs sociologiques, psychologiques et biologiques afin de comprendre ce qui préside à sa régulation.

Pour un Wilhelm Reich toujours soucieux de prévention, la connaissance psychanalytique se devait de se préoccuper du besoin de satisfaction des masses. Il ouvre des dispensaires d’hygiène sexuelle, d’abord en Autriche, puis en Allemagne, dispensaires d’hygiène sexuelle où il était procuré informations, aides, pratiques et conseils sur les moyens de contraceptions, diverses brochures répondant aux questions les plus brûlantes des adolescents, des femmes, des couples adultes ou non.

En 1929, il fonde avec quatre autres analystes, trois gynécologues et un avocat qui partagent les même convictions, la Société socialiste d’information et de recherche sexuelle afin de faciliter l’ouverture de cliniques d’hygiène mentale et sexuelle destinées aux ouvriers et salariés. Au contact de la réalité de ces gens, Wilhelm Reich ne considérait pas que les ouvriers avaient davantage besoin de soins que les « bourgeois » ; mais que les gens de basse condition sont de loin les plus nombreux et que, principalement chez les jeunes, les conditions sociales de leur existence leur permettaient un retour à la santé plus rapide car, subissant plus la morale qu’ils ne la corroboraient pour maintenir leur statut de classe sociale, ils sont plus proches de la vie que ceux qui produisent cette morale. Il portera quelques altérations à ce jugement dans sa Psychologie de masse du fascisme et dans son Les hommes et l’État un peu plus tard, sans cependant que son point de vue sur la jeunesse ne faillisse un jour.

Après son voyage en URSS (1929), où il rencontre notamment Vera Schmidt qui dirige un jardin d’enfant expérimental, il présente un rapport, « Psychoanalyse und Weltanschauung » (1930), dans lequel il affirme que la psychanalyse ne peut adopter une attitude neutre vis-à-vis du désir des gens, manifesté dans la lutte sociale, à se défaire du joug de la misère pécuniaire et amoureuse. Il se heurte alors ouvertement à l’hostilité de ses confrères qui l’accusent de « vouloir traîner une Science dans l’arène du politique » ou d’être à la botte des Socialistes russes et de « recevoir des ordres de Moscou ». Freud lui répond indirectement dans la dernière partie des « Nouvelles conférences d’introduction à la psychanalyse », en affirmant que la psychanalyse, faisant partie de la Science, est tenue d’adopter une « position scientifique » et ne doit pas se soucier de défendre une vision particulière du monde (Weltanschauung). Cette science nouvelle était déjà séparée de son contexte social par les personnes qui, soit ne comprenaient rien à ce contexte social (il suffirait, comme aujourd’hui, de s’y pencher pour assez vite comprendre de quoi il retourne), soit ne voulaient en rien savoir : ici ou là, il s’agit toujours de garder un pouvoir sur la plèbe en en perdurant l’existence; ils étaient les syndicalistes de l’époque.

Wilhelm Reich, qui est alors par son dynamisme, sa compréhension des gens et de leur implication sociale, l’une des figures les plus en vue du communisme autrichien (bien qu’il n’ait jamais pris de responsabilité dans ce mouvement mais simplement une carte d’adhésion), commence à gêner sérieusement tant les dirigeants du Parti que ceux de l’Association psychanalytique. De part et d’autre on le trouve trop entreprenant, alors que lui voudrait faire plus encore. En septembre, il part s’installer à Berlin, ville moins conservatrice que Vienne, où il sait qu’il va retrouver des collègues politiquement engagés et plus ouverts aux idées neuves et réalisables. Il participe au IIIe Congrès international pour la Réforme Sexuelle et ne tarde pas à organiser, avec l’approbation du Parti Communiste allemand, une Association pour une politique sexuelle prolétarienne, la Sexpol, dont le programme insiste sur le rapport de cause à effet entre le capitalisme, sa morale et la misère sexuelle que cette organisation sociale inflige à tous, bien que sous deux formes différentes et scissionnaires. Sexpol, en peu de mois, arrivera à regrouper 40 000 membres. À cette époque, il y avait dans tout le monde de langue germanique, une grand intérêt pour la satisfaction de la « chose sexuelle » et il existait de nombreuses associations, dispensaires, conseils, etc. qui s’en préoccupaient et s’y rapportaient. Le mouvement impliqué par Wilhelm Reich a réussi à donner un ensemble cohérent à ces initiatives.

Au travers de l’éducation et du conseil individuel donné dans les dispensaires, il espère permettre à de nombreuses personnes, aux jeunes en particulier, de retrouver ou de développer une vie amoureuse satisfaisante sans qu’ils aient à recourir à une forme ou une autre de psychothérapie. Le programme de Sexpol contenait notamment la possibilité de logement pour tous, jeunes ou moins jeunes, que la femme ait aussi de son propre chef la possibilité d’obtenir le divorce et ait droit à un revenu décent autonome, qu’elle ait droit au travail, que tous aient accès à discrétion à des moyens de contraceptions. Ces années-là, les activités de Wilhelm Reich ne se limitent pas à Sexpol. Il participe aussi personnellement aux manifestations de protestation sociale.

En 1932, la rupture théorique avec la psychanalyse orthodoxe est consommée. Elle sera d’autant plus manifeste les années suivantes que Wilhelm Reich donnera plus d’importance aux facteurs sociaux, à la satisfaction génitale, à la régulation énergétique, et à l’approche corporelle dans la thérapie.

Au début de l’année 1932, Wilhelm Reich envoie à la Revue internationale de psychanalyse (Internationale Zeitschrift fur Psycho-analyse) un essai intitulé « Le caractère masochiste » dans lequel, sur la base d’observations cliniques précises (dont les premières remontent à 1928), il conteste l’hypothèse freudienne du « masochisme primaire », c’est à dire de l’instinct de mort, de Tanathos. Cet essai, qu’on peut lire au chapitre XI de L’Analyse caractérielle, provoqua une vive réaction de Freud.

L’essai sur le masochisme, considéré comme manifestation secondaire de l’altération de la satisfaction sexuelle, marque la rupture de Wilhelm Reich avec la doctrine psychanalytique orthodoxe qui le chagrinait déjà depuis longtemps à cause de son manque d’efficacité pratique dans le cours même de la cure et par les écrits de ses collègues qui tournaient autour de la question sexuelle tout en en protégeant le côté aliéné. Ce que Wilhelm Reich discute méthodiquement chez eux comme chez Freud, c’est l’hypothèse de la « pulsion de mort », formulée en 1920 dans Au-delà du principe de plaisir par ce dernier lorsqu’il refond sa théorie des pulsions pour la faire reposer sur le couple antagoniste Éros-Thanatos. Par ailleurs, Wilhelm Reich donne une importance particulière au concept non plus de « pulsion » mais de pulsation , et de son ampleur possible, de l’organisme entier comme facteur de santé biopsychique.

Le 29 janvier 1933, Hitler prend le pouvoir. « En raison de la situation politique », la maison d’édition du mouvement psychanalytique allemand qui devait publier L’Analyse caractérielle annule son contrat. Wilhelm Reich la publiera quelques mois plus tard, à Vienne, à ses propres frais.ecoute petit homme

Diverses manœuvres sont entreprises dès 1933 à la fois par le Parti communiste et par la Société viennoise de psychanalyse pour pousser Wilhelm Reich à la démission. Trop psychanalyste pour les uns, trop politique pour les autres, il finit par se voir exclu de l’un pour « entraînement de la jeunesse à la débauche et à la perte de l’esprit du Parti » et de l’Association psychanalytique pour « politisation de la Science de l’Esprit ». Les nazis s’intéressent aussi à son cas (Hitler ordonnera l’autodafé de ses œuvres, tout comme la justice des États-Unis quelques années plus tard, après que le FBI se fut aussi intéressé à son cas) ; il quitte alors Berlin et part s’installer à Copenhague. Comme il se voit refusé la prorogation de son permis de séjour allemand, il déménage en Suède.

En août, parait Psychologie de masse du fascisme, enrichi à la dernière minute de réflexions sur les récents événements qui secouent l’Allemagne, un livre où Wilhelm Reich démasque les dynamismes biopsychologiques de toute structure grégaire-autoritaire, tant nazie (fascisme noir) que communiste (fascisme rouge) qui conduisent l’être humain à de telles aberrations sociales.

Depuis longtemps Wilhelm Reich désirait vérifier si la fameuse découverte de la vivante libido par Freud n’était seulement qu’un concept ou bien encore une réalité corporelle. Il entreprit des expériences de mesures bio-électriques qui le conduisirent à la conclusion de l’existence d’une énergie vitale dans les organismes vivants, dont il fait paraître les conclusions dans un long article en deux parties L’antithèse fondamentale de la vie végétative.. Il nomme celle-ci « bio-énergie ». Il présente l’orgasme comme une décharge bio-électrique. C’est à partir de ces expériences qu’il exprimera sa célèbre formule : tension mécanique => charge électrique => décharge électrique => détente mécanique.

En août, alors qu’il arrive à Lucerne pour le Congrès de psychanalyse où il va présenter sa communication Contact psychique et courant végétatif, il apprend par le secrétaire de la Société psychanalytique allemande qu’il a été exclu l’année précédente sans que personne ait cru bon un jour de l’en informer. Il ne pourra présenter sa communication que comme « invité ». Son allocution jeta un froid dans l’Assemblée. Cette exclusion, qui n’est pas valable dans sa forme, et dont les raisons étaient politiques, c’est-à-dire qu’elles cachaient des raisons beaucoup moins avouables (entre autres que ce refus des psychanalystes de prendre parti socialement dénonce leur propre incapacité à retirer, eux, librement du plaisir de la vie qui est sociale) il en demandera l’effectivité à l’Association psychanalytique internationale afin que les choses soient claires. Le problème principal de cette exclusion est d’ordre pratique : il se voyait aussi retiré la caution et l’autorisation de l’Association de psychanalyse d’enseigner la psychanalyse en son nom. Les psychanalystes norvégiens lui proposent néanmoins d’entrer comme psychanalyste dans leur groupe. Il refuse. C’en est fini pour lui de l’organisation psychanalytique.

L’orgone : énergie de la Vie

De 1935 à sa mort en 1957, d’abord en Europe puis aux États-Unis, Wilhelm Reich s’intéresse de plus en plus à l’énergie de la vie, à la forme énergétique de la vie, sous toutes ses manifestations. Il crée une méthode thérapeutique originale, la « végétothérapie » et, lorsqu’il considère avoir mis expérimentalement en évidence l’existence d’une énergie de vie, qu’il baptise orgone (organe-orgasme), il regroupe tous ses travaux sous le nom d’orgonomy (orgonologie en français).

Installé à Oslo, Wilhelm Reich entame des recherches sur la charge bioélectrique de la peau et des muqueuses. Ces recherches, très en avance sur son temps et jugées par certains scandaleuses, sont centrées sur La fonction électrique de la sexualité et de l’angoisse. Elles démontrent par des mesures faites à l’aide d’un oscilloscope enregistrable, que le potentiel électrique des zones érogènes varie notablement en fonction directe d’une sensation, agréable ou désagréable. Wilhelm Reich les poursuivra jusqu’en 1938. Elles le conduiront à présenter le plaisir et l’angoisse comme les deux pôles de la vie végétative, le premier comme l’expression vive de l’énergie vitale allant du centre du corps vers sa périphérie, se tournant vers le monde, la seconde comme étant le vif mouvement centripète de cette énergie allant de la périphérie du corps vers son centre, se protégeant du monde. Elles l’amèneront ainsi à passer de l’analyse du caractère à une méthode agissant directement sur le corps et l’équilibre neurovégétatif de la personne, qu’il nomme végétothérapie.

raw-deal_reichEn Allemagne, les Nazis ferment les Centres de consultation d’hygiène mentale et sexuelle. Un mandat d’arrêt est lancé contre Wilhelm Reich. À Berlin on brûle ses livres et toutes les publications de la Sexpol.

Il publie ensuite une étude sur le Réflexe orgasmique, Attitude musculaire et Expression corporelle, publiée en 1937. Ce réflexe est de l’ordre de l’orgasme car il est une participation globale du corps à la fonction vitale de la respiration, qui est accompagnée de libres mouvements ondulatoires, parfois convulsifs lorsqu’elle est profonde. Avant la décharge orgasmique lors de l’étreinte sexuelle, ce mouvement ondulatoire est amplifié par sa résonance couplée à celui du compagnon ou de la compagne, pour s’étendre à l’ensemble de l’organisme, psyché comprise. La décharge énergétique amoureuse (vitale) commune est complète et englobante lors de l’acmé sous forme de convultions involontaires : c’est ce qu’on nomme orgasme. Suit ensuite une période de détente et de gratification envers la/le partenaire et la vie en générale. Cette période de relachement fait aussi partie de l’orgasme, comme conséquence, bien évidemment.

Bions

Bions

La question suivante est : « Ce réflexe de plaisir et d’angoisse, de tension et de détente, d’alternance entre la charge et la décharge relève-t-elle aussi du monde microscopique ? ». Wilhelm Reich se rend à l’Institut de Biologie d’Oslo pour y requérir des culture de protozoaires et d’amibes. On lui répond qu’il lui suffit seulement de faire tremper pendant quelques jours de l’herbe ou de la salade dans de l’eau pour en obtenir une : ces substances retiennent sur leur surface tous les « germes aériens » qui donnent naissance à ces macrophages ! En respectant ce protocole, il poursuit sur l’amibe le phénomène de contraction et de détente (acide/sucré) et leur relation bioélectrique.

Mais parallèlement il observe aussi le processus même de la transformation de l’herbe en protozoaires et en amibes. Ce qu’il remarque est différent de ce qu’on lui a dit : il semblerait que les protozoaires et les amibes proviennent, au travers d’un processus toujours identique, de l’herbe ou de la salade en décomposition même. Le végétal semble se déliter en vésicules (auxquelles il donne le nom de bions) qui ensuite s’amassent les unes aux autres pour s’entourer d’une pellicule, d’une peau dans laquelle elles s’organisent en mouvements pulsatoires. Elles se transforment alors en « proto-protozoaires » qui donneront ensuite soit des protozoaires soit des amibes. Face à ces découvertes auxquelles on oppose le sempiternel « cela provient des germes aériens », Wilhelm Reich lessive, ébouillante, cuit à l’autoclave ses préparations et, chose étrange, le phénomène de décomposition bioneuse est amplifié. Il pousse ses recherches sur les matières minérales et voit le fer, lui aussi, se décomposer lentement en bions, vésicules visibles à grossissement microscopique faible à moyen, présentant grossièrement la forme d’un hématite gonflée, de couleur jaunâtre, réfractant le bleu et dotée, en lumières indirecte, d’un champ coloré bleu. Qu’en est-il des « germes aériens » ?

Il est un fait que le processus adopté pour la stérilisation des substances soumises à l’observation, ne concoure pas à proprement parlé à l’élimination de la vie, mais, au contraire, au développement de la vie sous une forme précise ; c’est l’exact procédé inverse utilisé pour la stérilisation des confitures : les mélanges (à base de blanc d’eau, de lécithine, de bouillon de soupe) sont des éléments nutritifs, favorable au développement de la vie, même soumise à des contrainte extrêmes telles que la cuisson à l’autoclave (120°) durant vingt minutes.

Après trois ans de recherches, parution en 1938 à Oslo, de Die bione, zur Entstehung des vegetativen Lebens (Les bions), étude sur ce qu’il considère être des vésicules d’énergie vivante, visibles au microscope à fort grossissement (entre 20 et 4000 fois), présentant aussi des stades de transition entre la matière non-vivante (purement minérale) et la matière vivante (déjà animale). Étude qui intéresse quelques scientifiques, mais qui lui vaut d’être traité par beaucoup de « charlatan, fou, psychopathe, délirant… ». Une campagne de presse pour grande part organisée des psychiatres norvégiens fait de lui un « paranoïaque » ayant séjourné en asile psychiatrique ; il s’avera plus tard que le colporteur de cette faramineuse nouvelle avait lui-même dû séjourner en hôpital psychiatrique et avait été un ancien collaborateur de Wilhelm Reich à Berlin.

Il fit une communication de ces découvertes à l’Institut des Sciences de Paris, qui en donna la vérification au français Roger Du Theil. Celui-ci confirma les faits. Mais l’Institut, au moment de sa publication, voulu adjoindre une « introduction » au texte de Wilhelm Reich, qui dénigrait toute découverte originale faite par lui ; il refusa alors la publication de sa communication.

Un laborantin, lors d’une démonstration, se trompa un jour, et porta à incandescence du sable de plage (au lieu de limaille de fer) pour le plonger dans le bouillon de culture à stériliser. À l’observation au microscope, la décomposition a offert à la vue de gros paquets de vésicules, qui reçurent le nom de « bions SAPA ».

Les bions SAPA étaient remarquable en ceci que toutes les personnes qui les ont observés pendant suffisamment longtemps au microscope contractent une conjonctivite. Diminuant la fréquence de ses observations sur les conseils de son médecin, et cependant sans vouloir en cesser l’observation, Wilhelm Reich fabriqua une petite boite en fer dotée d’une ouverture à laquelle on pouvait adapter un petit système de grossissement optique : il s’agissait de savoir si la conjonctivite était provoquée par une « sorte » de rayonnement, et dans ce cas, de pouvoir observer ce rayonnement dans le noir le plus complet. Il y avait, effectivement, dans la boîte contenant une culture de bions SAPA, un rayonnement de particules bleutées de la taille d’une très petite tête d’épingle s’y déplaçant comme aléatoirement de part en part en zigzaguant. Intrigué, il sortit quand même la culture de bions de l’enceinte métallique, la recouvrit d’une tissu de laine pour l’isoler thermiquement et constata que, même sans la culture de bions, le rayonnement y était encore présent.

C’est pour mieux observer ce rayonnement, qu’il se fit construire une boîte de structure semblable (alternance de métal et de laine) de la taille suffisante pour pouvoir y tenir assis. Il donna plus tard, après de nombreuses observations autour de ce qu’il avait nommé orgone, dans un livre « La fonction de l’orgasme : La biopathie du cancer » un résumé de son travail. Et l’enceinte métallique était le prototype de l’accumulateur d’orgone.

Son intérêt pour le cancer se précisa dans l’observation de la décomposition bioneuse : une cellule vivante, lorsqu’elle meurt, se décompose et libère sa charge orgonale sous la forme de bions. Suivant sa vitalité initiale, se libèrent aussi des « bacilles T » (todt) « visibles » à un grossissement de 3000 à 4000 fois. « Visibles » car on sait bien qu’un tel grossissement ne donne à voir que du trouble, le grossissement optique atteignant ses limites vers 2500 fois environ. Mais l’avantage essentiel de l’observation optique est que la matière observée peut l’être encore vivante, tandis qu’une observation électronique met dans l’obligation d’utiliser une matière précédemment tuée.

Le cancer est mit en relation avec une insuffisance d’oxygénation des tissus, un blocage émotionnel, une stase énergétique et une désintégration excessivement rapide des cellules. Et sa guérison, ou le ralentissement de la décomposition bioneuse présentant un excès de bacilles T, est soumise à une régénération des tissus de l’organisme par une recharge en énergie orgonale, et l’élimination conséquentielle de ces bacilles T. L’élimination de ces derniers est essentielle, car en s’agglutinant autour des charges orgonales que sont les bions, ils s’en accaparent l’énergie, d’une part, et d’autre part, leur nombre excédentaire les rend difficiles d’élimination par les voies naturelles. Rétablir la santé, c’est rendre à l’organisme vivant l’amplitude suffisante de sa pulsatilité : un organisme à l’amplitude pulsatile restreinte se voit dans l’impossibilité de retirer de son environnement – par une ample respiration, une nourriture attrayante et saine, la satisfaction que l’on requiert du contentement de vivre et de créer sa vie – l’énergie nécessaire à son entretient et sa régénération.

En 1939, quelques jours avant que la guerre n’éclate, Wilhelm Reich pose le pied sur un embarcadère de New York, aux États-Unis, sur l’invitation officielle de Bronislav Malinovski avec lequel il s’était lié d’amitié. Là, de cette date à 1941, il donnera un cours sur « Les aspects biologiques de la formation du caractère » à la New School for Social Research. Quoi dire encore, sinon que le FBI s’intéresssa à son cas, peu après son arrivée, en le maintenant quelques jours en prison, car il avait été un jour adhérent au Parti communiste ?

Il poursuivra ses recherches dans son laboratoire privé. Il en vient à considérer que ce qu’il nommait « bioénergie » est en fait une énergie-vie qui anime le cosmos dans son ensemble et que, présente dans l’atmosphère (qui fait partie du cosmos !), elle agit sur le vivant comme une énergie biologique spécifique pour des éléments de la vie spécifiques. Il la nomme alors orgone (1940), mot construit sur la racine grecque organ, « bouillonner d’ardeur », d’où dérivent les mots orgasme, organisme et organe. Pour la densifier, à des fins expérimentales, il fit tapisser une chambre entière de feuilles de métal, obscure à la lumière, afin d’y installer d’autres accumulateurs pour voir la tension de charge orgonale en ce lieu bien supérieure à l’environnement dans le but d’en mieux observer, à l’aide d’instruments de mesure (thermomètre, électroscope, appareils par lui inventés), les modalités de fonctions. Wilhelm Reich expérimente sur des souris saines des injections de bacilles T, qui induisent des cancers à l’endroit précis de l’injection, et sur des souris cancéreuses des injections de bions, ce qui retarde la mort de l’animal. Il entreprend la vingtième expérience (XX experience) : après avoir fait séjourné de l’eau distillée dans un accumulateur d’orgone, il la met à geler à l’air libre, enfouie dans le sol, ou mise dans un accumulateur dehors et constate qu’au coeur de la glace formée s’est agglomérée une substance colloïdale, contenant elle aussi, à l’observation microscopique, des bions libres : la vie est présente partout, s’immisce partout là où la sollicite, il suffit d’ouvrir les yeux pour s’en apercevoir et de cesser de la tuer parce qu’on en craint les manifestations à l’extérieur de soi comme on en craint les manifestations à l’intérieur de soi.

Dans les années 1945, une violente campagne de diffamation se déchaînera contre lui. L’accumulateur d’orgone est devenu, sous la plume d’une journaliste, une boîte à érection et Orgonon (le laboratoire de Wilhelm Reich) un lupanar.

Albert Einstein

Albert Einstein

Le 13 janvier 1941, il se rend à Princeton où il a rendez-vous avec Albert Einstein. L’entretien, très cordial, pendant lequel Wilhelm Reich expose ses expériences sur l’orgone à un scientifique bienveillant et intéressé, dura près de cinq heures. Ils conviennent que Wilhelm Reich lui envoie un petit accumulateur d’orgone pour qu’il puisse vérifier par lui-même certains résultats inexplicables par les lois physiques connues. Car le mouvement orgonal va du potenciel orgonal le plus faible au potenciel orgonal le plus fort (plus il y a de tension d’orgone, plus l’orgone attirera l’orgone, jusqu’à un point maximal où il se déchargera de sa tension excédentaire – nuages, attraction planétaire, mouvements galactiques, la tourmente en général précédant ce point de décharge), on constate que son principe est opposé au principe de Carnot qui dit que le mouvement des forces physiques va du potenciel le plus fort (haut) au potenciel plus faible (bas).Einstein l’assure que « si les observations se confirment, il soutiendra sa découverte ». Wilhelm Reich apporta lui-même ce petit accumulateur les premiers jours de février. Celui-ci fut installé sur une table dans la cave d’Einstein et aussitôt ils firent ensemble quelques observations. Einstein demanda à poursuivre ses observations pendant quelques jours encore et promit à Wilhelm Reich de lui écrire, ce qu’il fit dix jours plus tard. Dans sa lettre il confirmait d’abord ce qu’il avait observé lors de l’installation de l’accumulateur et les jours qui suivirent ; puis il indiquait comment l’un de ses assistants avait alors attiré son attention sur les « phénomènes de convection calorifiques existant dans la cave ». Cette réponse fut pour Wilhelm Reich un coup très dur. Moins d’une semaine plus tard, il envoya à Albert Einstein une longue lettre-mémoire d’observations qui balayait l’interprétation (le manque de perception de ce qui peut se passer dans la base qui soutient le rez-de-chaussée devait y être pour quelque chose) de son assistant. Einstein ne répondit rien.

En 1942, il publie La fonction de l’orgasme (version en langue anglaise, différente de Die Funktion des Orgasmus de 1927), ouvrage en grande partie biographique qui présente une synthèse de ses recherches.

Il trouve à acheter tout au nord des États-Unis, dans l’Etat du Maine, en pleine nature, un grand domaine qu’il baptise Orgonon pour s’y installer à résidence. Il y fait construire un ensemble comprenant sa propre maison, un laboratoire, un observatoire astronomique et une salle de cours pour ses étudiants, des annexes. C’est là qu’il développera la dernière partie de son œuvre, celle qui concerne surtout la biophysique de l’orgone. Plusieurs conférences internationales seront organisées dans ces lieux … souventes fois agrémentées des vicissitudes du FBI lors de l’obtention des visas de frontières.

De son union avec Ilse Ollendorff (dont la biographie sur son mari est très intéressante), naît, en 1944, un fils : Peter. Son intérêt pour l’observation des nouveau-nés s’accroît, comme devant lui croît un petit être plein de vie. Il réaffirme avec vigueur l’importance d’une attitude préventive de la névrose chez l’enfant et l’adolescent.

La dernière décade (1947-1957) sera marquée, toute entière, par ses démêlés avec l’administration et la justice états-uniennes, ce qui ne l’empêchera pas de poursuivre ses recherches sur l’énergie de la vie et de s’intéresser à divers phénomènes atmosphériques.

Suite à un article diffamatoire dans le Harper’s Magazine, en 1947, les difficultés recommencent. C’est l’époque de l’utilisation intensive des accumulateurs d’orgone (Acorg) avec la participation de patients. Ces accumulateurs lui vaudront de graves ennuis avec la pointilleuse Food and Drug Administration qui l’accuse de publicité frauduleuse et de charlatanisme, quand bien même il ne faisait pas commerce de ces accumulateurs, se contentant de les louer en contrepartie d’une participation aux frais et charges inhérents à cette location. Wilhelm Reich dénie à cette administration la moindre compétence pour juger de ses techniques thérapeutiques et encore moins de la plus simple des découvertes scientifiques.

En 1950, il crée, à New York, l’Orgone Energy Clinic, destinée au dépistage des maladies énergétiques (biopathies), et l’Orgonomic Infant Research Center, dédié à l’étude de la sauvegarde de l’enfant depuis le stade prénatal jusqu’à l’adolescence. Il écrit Children of future.

Installation définitive à Orgonon où, le 15 décembre 1950, débute l’expérience Oranur (Orgonotic Anti-Nuclear Radiation). Wilhelm Reich enferme une aiguille de 1 gramme de radium (radio-actif) dans un accumulateur à vingt couches situé dans la chambre des accumulateurs. L’objectif est de vérifier si l’orgone concentrée peut contrer les effets mortifères des radiations atomiques : la désintégration de la matière sera-t-elle contrée par la matière qui construit la vie ? Ce fut une catastrophe. Des souris situées jusqu’à une centaine de mètres de là moururent de cancer ou de déshydratation, l’ensemble des bâtiments était entouré d’une masse d’ambiance sombre, lourde, oppressante, les pierres se dégradèrent à vue d’oeil. Les oiseaux se turent. Tous les participants tombèrent gravement malades, le laboratoire était rendu inutilisable durant de mois. L’énergie de vie avait été excitée au plus haut point, comme rendue folle, ce qui l’avait vite épuisée et elle cherchait à retirer de la vie de tout ce qui l’entourait. Wilhelm Reich avait déjà remarqué qu’un tube pointé vers le ciel au dessus de l’eau provoquait un léger souffle d’air visible par des rides sur la surface de l’eau. Il eut l’idée d’enterrer le « DOR » (Deadly Orgone Radiations) en l’obligeant à retourner à la terre en pointant une série de tubes, reliés à un puits, sur le nuage de dor qui chapeautait les environs : le premier cloudbuster avait donné une solution au résultat de l’expérience. Mais il est évident que l’énergie nucléaire est incompatible avec une construction positive de la vie au sens végétal et animal du terme. L’utilisation industrielle de la décomposition de la matière est aberrante, dangereuse, nuisible et induit l’aberrance en raidissant plus encore la structure caractérielle des personnes par la production ici-et-maintenant d’une énergie de vie, de la vie, totalement épuisée sur lesquelles elle se répercute. On ne peut percevoir la vie qu’en fonction de ses propres sensations, et la vie épuisée sans satisfaction ne percevoit plus d’elle-même qu’une sombre souffrance.

reich-cloudbusterEn 1952, construction d’un cloudbuster (têteur d’éther ou chasseur de nuages) destiné à agir au travers de l’orgone atmosphérique sur la concentration ou la dissipation de l’énergie orgonale responsable de la formation des nuages ou des ouragans (l’orgone attire l’eau et l’eau attire l’orgone). Expérimentation durant l’été au Texas ; les journaux locaux signalent plusieurs pluies inespérées. La Superposition cosmique en résulte, bientôt suivie de Contact with space. Les déserts sont des endroits de la terre où s’est amassée, pour des raisons topologiques ou géographiques, une grande quantité d’énergie totalement épuisée, avide d’eau ; et on sait que l’eau c’est aussi la vie. En soutirant de ces endroits le dor, en rétablissant la faculté du lieu à attirer et retenir l’humidité, les algues et les mousses repoussent, et retiennent de plus en plus d’eau qui, à son tour, se prête aux gonflement et à la germination des graines de l’herbe ! Et l’herbe attire la pluie. Le monde est un organisme vivant, compréhensible comme un gigantesque ensemble que l’organisme humain est à même d’appréhender dans la mesure où il se considère lui-même comme un sensationnel organisme vivant. Une année ou deux avant que la forêt ne meurt, elle a perdu déjà son champ orgonal, il est déjà visible que son énergie a été épuisée, qu’elle ne retient plus l’eau.

La même année, un représentant des Archives Sigmund Freud, Kurk Eissler, vient l’interviewer sur ses relations passées avec S. Freud. Au cours de deux longues conversations enregistrées au magnétophone, il discute de son œuvre et de leurs relations avec « ce grand homme, ce maître ». Il en résultera un livre très vivant : Wilhelm Reich parle de Freud. Cependant les archives du « maître » relatives aux relations épistolaires de Wilhelm Reich et de Freud, restent hélas hermétiques à la publication.

1954. Devant son refus de répondre à une citation en justice, parce qu’il estime qu’aucune cour juridictionnelle ne peut rendre de jugement sur aucunes découvertes scientifiques (souvenons-nous de Galilée et de son « elle tourne quand même« ), le juge prescrit la destruction des accumulateurs et la destruction par le feu ses livres contenant le mot orgone car « l’orgone n’existe pas » (J. D. Clifford, juge états-unien dans son rendu de justice), c’est-à-dire de la majeure partie de ses œuvres, considérées comme « propagande » ou « textes publicitaires » ! Le FBI vient chez lui détruire à la hache ce qui est qualifié de « machines à orgone » bien que les accumulateurs soient des instruments entièrement passifs.

En automne il part quand même pour l’Arizona où il réalise avec un cloudbuster l’opération OrOp-Desert. L’opération est télévisée ; les journaux confirment son succès : « Il pleut dans le désert reverdit ! ». L’orgone n’existe toujours pas.

Les dernières années de sa vie sont marquées par les tracas du procès et la recherches d’équations cosmiques. Condamné à deux ans de détention pour outrage à la cour, car un de ses assistant a été arrêté lors du déplacement d’un têteur d’éther (cloudbuster) à plus de 1000 km de là, Wilhelm Reich est incarcéré le 12 mars 1957 au pénitencier fédéral de Danbury, Connecticut. Le 22, on le transfère à celui de Lewisburg en Pennsylvanie où il se porte volontaire pour suivre un protocole d’expérimentation médicamenteuse, afin de voir réduite sa peine. Toute prison détruit, autant que ces protocoles, celle-ci tuera encore : Wilhelm Reich y mourra dans la nuit du 3 novembre. Il comptait se remarier avec une nouvelle compagne et aller vivre en Suisse pour y poursuivre libre ses études du vivant libre en train de vivre libre.

 

Réponse écrite de Wilhelm Reich adressée aux juges :

Le gouvernement des Etats-Unis n’est pas habilité à traiter de la Loi Naturelle Fondamentale.
Or l’orgonomie est une branche de la Science Naturelle Fondamentale…
Se présenter au tribunal pour « défendre » la Recherche Naturelle Fondamentale constitue en soi un acte absurde.
En effet, tout investigation dans ce domaine se situe en dehors de la compétence juridique d’une administration sociale quelle qu’elle soit.
Le droit de l’Homme à la connaissance doit être protégé, si le terme Liberté doit signifier plus qu’un slogan politique vide de sens.
Je ne comparaîtrai pas devant le tribunal pour « me défendre » contre un plaignant dont la nature même de la plainte prouve qu’il ignorait tout de la science naturelle…

 

Source

 

Un transfert trop douloureux – Par AG –

Vous trouverez ci-dessous l’article d’AG qui a souhaité s’exprimer sur mon blog

Bonne lecture et je pense qu’AG attend vos commentaires

donc merci d’avance pour elle :

 

Un transfert trop douloureux

 

Je tiens tout d’abord à remercier J’O d’accepter de publier mon récit et celles et ceux qui me liront jusqu’au bout.

 

J’ai 28 ans et travaille à mi-temps à l’accueil d’une maison de retraite.

Tout a commencé en Décembre 2009. J’ai une peur atroce de ma collègue, très spéciale.

J’ai commis une erreur sur une tâche et j’ai eu tellement peur de la lui avouer que j’ai préféré mentir.

Mais la culpabilité et la crainte qu’elle ne finisse par tout découvrir ont eu raison de moi : ça ne pouvait plus durer ! J’en avais plus que marre d’avoir peur d’elle !

J’ai donc pris la décision d’entamer une thérapie qui m’aiderait à vaincre cette peur.

Je me suis donc tournée vers une psy que j’avais déjà vue 9 ans auparavant et qui m’avait bien aidée à vaincre ma peur de conduire.

C’est une comportementaliste et à ce moment là, je ne sais pas vraiment ce qu’est une TCC… J’aurais dû me renseigner avant…

 

Nous sommes le 4 Janvier 2010, il est midi et je décroche mon téléphone.

Le RDV est pris pour le 15 Janvier à midi.

Sachant que j’entamais une thérapie, je me sentais déjà mieux et ai fini par tout avouer à ma collègue.

Je m’étais rendue malade pour rien car elle a très bien pris la chose…

 

Bref, le 15 Janvier est là. Ma 1ère séance se passe très bien et nous convenons d’un prochain RDV le 29 Janvier à midi également (RDV qui sera d’ailleurs annulé car elle était souffrante).

La prochaine séance se déroulera donc le 10 Février à 13h30. Cette séance sera douloureuse car nous avons abordé un sujet difficile pour moi : le sexe.

Je sors du cabinet complètement chamboulée et les yeux emplis de larmes. C’est signe pour moi que cela avance.

 

Deux jours plus tard, un étrange sentiment m’envahit : je veux ma psy pour amie.

J’en parle à une amie, psychiatre. Elle me répond que cela s’appelle le transfert, que c’est normal, qu’il a l’air plutôt positif et que cela serait bon pour ma thérapie.

Me voilà rassurée, mais pour un temps seulement. Car ici ont débuté mon calvaire et ma souffrance…

 

Vous connaissez toutes et tous le phénomène du transfert et combien il peut être douloureux…

 

J’ai commencé assez rapidement à perdre l’appétit et du poids : presque – 20 kgs depuis Février ! Comme nous avions attaqué le « problème » de la silhouette (j’avais pas mal de rondeurs), ça tombait bien. Je maigrissais à vue d’oeil. Je lui disais simplement qu’en ce moment je n’avais pas faim et que je mangeais très peu (je ne lui ai évidemment pas dit pourquoi).

 

Sur les conseils d’amies d’un forum, j’ai décidé de parler de mon transfert à ma psy. Je lui ai simplement avoué que je l’aimais beaucoup et que je voulais qu’elle m’aime aussi.

Elle ne m’a bien entendu pas donné la réponse que j’espérais : un psy doit être empathique, bienveillant, respectueux et chaleureux mais il n’a jamais été question d’aimer ses patients.

Elle m’a demandé si je croyais que ce transfert pouvait m’être positif dans notre travail ou au contraire si cela pouvait le freiner. Pour moi, c’était d’une évidence ! Bien sûr que cela allait m’être positif ! Mais elle pensait le contraire…

Ça m’a tuée sur place ! Un psy n’a donc aucun sentiment pour ses patients ! Même pas un quelconque ressenti ? Sont-ce des robots ?

Mais j’ai réalisé plus tard que c’était la meilleure réponse qu’elle pouvait me donner. Même si « sentiment » il y a, le psy ne doit pas en faire part à ses patients, pour le bien de la thérapie.

 

Voir ma psy tous les 15 jours seulement m’était insupportable et je lui ai donc demandé une séance hebdomadaire. Elle a accepté. C’était le 26 Mars.

En fin de séance, je lui ai posé une question qui me brûlait les lèvres :

- « Vous avez des enfants ?

- Moi non, mais mon mari en a. Je n’ai jamais enfanté. »

 

Vous me direz pourquoi vouloir savoir si elle a des enfants ? Et bien, tout bonnement parce que je m’étais surprise à être jalouse des enfants qu’elle pouvait avoir ! J’en avais donc conclu à ce moment là que je faisais un bon gros transfert maternel.

 

La thérapie ne se poursuivait pas trop mal, selon moi j’avançais même un peu, mais je réalisais que je n’en avais rien à faire. La seule chose que je voulais c’était discuter avec ma psy, comme si nous entretenions une relation amicale.

Car je trouvais qu’elle en avait des attitudes amicales ! C’est ce que je croyais tout du moins…

 

J’ai également fini par apprendre qu’en TCC, la thérapeute ne travaillait pas sur le transfert ! Je me trouvais bien avancée, moi qui ressentais le besoin essentiel d’en parler ! De toute façon, elle ne savait pas analyser m’a t-elle dit.

 

Et puis il y a eu ce jour où, en rentrant de chez ma meilleure amie, j’ai croisé ma psy sur la route. J’ai donc commencé à emprunter cette route quasiment tous les jours, dans l’espoir de la croiser. Ce qui arrivait fréquemment. Mais cela ne me suffisait plus ! Il fallait que je sache où elle habitait !

Après quelques recherches, j’ai fini par le découvrir (je précise que je ne l’ai pas suivie)…

A commencé alors une longue et douloureuse descente aux enfers…

 

Car je pensais que savoir où elle résidait me rassurerait et me ferait aller mieux… Mais pas du tout ! Ce fut tout l’inverse !

 

J’avais donc pris l’habitude de passer régulièrement devant chez elle, bien que cela me fasse faire pas mal de route (environ 110 kms aller-retour). Et puis un jour, je me suis arrêtée et ai regardé sa boîte aux lettres. Il y avait bien son nom et celui d’une autre femme au même nom de famille qu’elle. Mais pas celui de son mari.

Les questions éclataient comme du pop corn dans ma tête. Pourquoi ne vivait-elle pas avec son mari mais avec sa mère ? (car j’avais supposé que cette autre femme était sa mère)

J’ai donc commencé à être habitée par une crainte horrible pour moi : qu’elle déménage pour vivre avec son mari. Ne plus savoir où la trouver en dehors du cabinet m’était insupportable !

 

Pendant 4 longs mois, j’ai été obsédée par cette peur et je passais devant chez elle de plus en plus souvent, quitte à me ruiner en essence !

 

Et la thérapie était complètement bloquée, je n’avançais plus du tout, je ne voulais pas… En revanche, je désirais profondément savoir pourquoi je réagissais ainsi…

 

J’étais tellement malheureuse que j’ai commencé à me scarifier. J’avais même pensé à me suicider devant chez elle pour qu’elle sache à quel point je souffrais ! Mais je n’ai jamais pu passer à l’acte…

 

Que pouvais-je faire ? Arrêter la thérapie ? J’y avais pensé mais alors je ne verrais plus ma psy. c’était donc hors de question !

Quel autre choix avais-je ? Entamer une analyse ? Pourquoi pas… Je lui en ai parlé et elle m’a même encouragée !

C’est alors que j’ai pris RDV avec une analyste, que j’ai rencontrée à trois reprises. A notre dernière séance, elle m’a conseillé d’avouer mes allers-retours à ma psy… En sortant de son cabinet, j’ai pris la décision de ne plus aller la voir, mais de continuer l’analyse avec un homme, pour essayer…

 

Nous sommes le 1er Octobre et je viens de m’installer dans le fauteuil, face à ma psy. Je prends une grande respiration et lui explique que j’ai quelque chose de très important à lui dire.

Je ne peux plus faire marche arrière et commence à lui relater mon aveu…

Contre toute attente, j’ai eu droit à une très bonne réaction ! Elle m’a confié qu’elle avait remarqué un blocage, une forme de résistance de ma part depuis déjà quelques mois, et que cela lui faisait de la peine de savoir que je m’étais enfermée toute seule là dedans et que j’avais autant souffert.

La séance s’est ensuite poursuivie normalement…

 

Nous sommes le 8 Octobre et je viens de m’installer dans le fauteuil, face à ma psy. Mon dossier n’est pas sorti, elle n’a dans ses mains ni feuille ni stylo. J’ai peur… Quelque chose cloche.

Elle débute la séance par « j’aimerais que l’on reparle de ce qui s’est passé la semaine dernière… »

Pas de problème, nous en reparlons.

Puis elle m’a dit cette phrase, qui résonne encore : « moi je crois que cette thérapie n’est qu’un prétexte pour venir me voir ».

C’est à cet instant que j’ai compris que c’était fini…

Une grosse bouffée de chaleur m’a envahie et j’ai senti mes oreilles chauffer et bourdonner…

Je lui ai répondu que oui, c’était vrai…

Je ne peux malheureusement pas vous dévoiler tout ce qui a été dit lors de cette dernière séance, qui est encore très douloureuse pour moi.

Il s’est bien sûr dit d’autres choses mais ceci est ce qui en ressort le plus…

 

Pour résumer, elle m’a avoué qu’elle avait bien réfléchi durant la semaine et qu’elle n’avait pas aimé que je joue les paparazzi. Pourtant, elle ne m’en veut pas du tout et m’a même dit que ce n’était pas un crime, qu’il n’y avait pas mort d’homme non plus.

Mais elle tient à ce que je vive ma vie, et pas la sienne ni à travers celle des autres.

Comme elle me l’avait déjà dit, elle avait remarqué mon blocage et ma résistance à aller mieux mais était loin de se douter de la raison. Elle comptait faire un point de toute manière dans quelques semaines, voire quelques mois car elle voyait bien que la thérapie stagnait et qu’elle ne m’apportait plus grand chose. Je n’ai fait qu’avancer l’échéance…

Elle m’a confirmé qu’il me fallait une psychanalyse et qu’elle n’était donc pas la thérapeute qu’il me fallait…

Tout s’est alors éclairé en elle : mes besoins d’être rassurée quant à la fin de la thérapie, mes pertes d’appétit et de poids, ma résistance…

J’ai réussi à lui confier que, selon les dires de l’analyste que j’ai vue, elle avait sans le savoir alimenté mon transfert avec ses attitudes si amicales et qu’elle m’avait donc donné cette illusion que nous pouvions devenir amies.

Ce à quoi elle a répondu qu’elle était la même avec tout le monde, qu’elle n’avait pas été plus sympa avec moi qu’avec les autres patients.

Je réalise maintenant que c’était tout simplement du professionnalisme, que oui, elle devait rester la même, malgré les ressentis qu’elle pouvait avoir vis-à-vis de ses patients. Mais je me demande quand même si elle en avait, des ressentis…

Ce qui a été le plus douloureux, c’est lorsqu’elle m’a dit que je n’étais qu’une patiente parmi d’autres, comme elle n’était qu’une thérapeute parmi d’autres.

Qu’une patiente… Cela voulait-il dire que je n’avais rien de particulier pour elle, que je n’étais qu’un n°, un dossier dans son armoire, un chèque hebdomadaire ?

 

Avant de nous séparer, je lui ai posé une dernière question :

- » maintenant que c’est fini, vous pouvez me dire ce que vous pensez de moi ?

- vous êtes quelqu’un de bien. Ça il n’y a pas de soucis, vous êtes quelqu’un de bien ! »

 

Puis elle m’a dit que je méritais d’aller mieux, que je ne devais pas m’en interdire le droit.

 

Elle s’est levée et je lui demande : « je ne vous paye pas ? »

Elle avait oublié…

 

Je l’ai payée, puis en sortant, elle m’a dit : « je vous souhaite de vivre une jolie vie… »

Et sa porte s’est refermée, pour toujours…

 

Il faut tout de même que vous sachiez qu’elle m’a dit tout cela comme à son habitude : avec calme, serénité, en souriant et en faisant un peu d’humour. En étant elle-même, quoi !

 

Je prends peu à peu conscience que cette décision, elle l’a prise pour moi, pour mon bien, pour que je puisse voler de mes propres ailes, pour qu’elle ne soit plus un « obstacle » à ma guérison…

 

Voilà, c’était la douloureuse expérience d’une jeune femme qui voulait aller mieux, qui a entamé une thérapie qui finalement ne lui était pas adaptée et qui en est ressortie plus meurtrie que jamais…

C’est surtout l’histoire d’une jeune femme qui voulait absolument que sa psy l’aime, qu’elle voit en elle quelqu’un de spécial.

Mais qui finalement n’est personne…

 

Merci de m’avoir lue.

 

Ag

 

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