REICH : L’analyse Caracterielle

En 1928, Wilhelm Reich écrivit un article sur  » l’analyse caractérielle  » qui constitua, on devait le reconnaître par la suite, le point de départ d’une nouvelle étape dans le développement de la psychanalyse. Celle-ci avait débuté par l’interprétation directe des symptômes du malade. Puis Freud avait entrepris de vaincre les résistances du malade. Enfin Reich démontra qu’entre autres résistances, il existait un groupe de résistances caractérielles. Il montra que le comportement et l’attitude du malade, sa  » cuirasse  » caractérologique, constituaient des repères déterminant tout l’univers passé de l’individu. Ainsi, l’attitude caractérielle présente de l’individu indiquait le moyen par lequel il était possible de sortir du contenu contradictoire de ce chaos psychique. En 1933, Reich publia sous forme de livre un exposé détaillé de sa méthode. Ce livre fut édité en allemand. Une deuxième édition en langue anglaise, en 1945, allait plus loin puisqu’elle confirmait le lien inévitable entre la psychologie des profondeurs et la biologie, comme l’avait prévu Freud. Dans la troisième édition, revue et augmentée en 1949, le texte original de L’Analyse caractérielle est reproduit intégralement. Une partie supplémentaire a été ajoutée, qui expose les dernières découvertes de Reich. L’étude du caractère de Reich entreprit ultérieurement lui permit d’expliquer les fondements biologiques de la névrose et des biopathies, et il en arriva ainsi à la découverte de l’énergie d’orgone cosmique qui existe dans l’organisme vivant en tant qu’énergie spécifiquement biologique. En exposant de manière dramatique et émouvante le cas du premier schizophrène jamais traité par l’orgonthérapie, l’étude de Reich éclaire de façon révolutionnaire l’un des problèmes les plus ardus de la psychiatrie : la schizophrénie.  » Pour la première fois dans l’histoire de la médecine, la peste émotionnelle qui prend racine et se trouve alimentée par la crainte de sensations organiques a trouvé un adversaire médical. Nous estimons que tel est notre devoir : permettre à l’animal humain d’accepter en lui-même la nature, de cesser de fuir et de jouir de ce dont il a actuellement si peur  » (Wilhelm Reich). L’Analyse caractérielle quitte donc le domaine de la psychologie pour se ranger parmi les sciences naturelles en tant que biophysique d’orgone. °Par l’analyse de la névrose dans son action sociale sous la forme de ce que Reich appelle la  » peste émotionnelle « , on parvient à mieux comprendre une grande partie du contexte social.

La Bioénergie est fondée sur les travaux de Wilhelm Reich. La Bioénergétique est l’étude de la personnalité humaine au niveau des processus énergétiques de l’organisme. La quantité d’énergie dont on dispose et la manière dont on l’utilise doivent déterminer la personnalité et s’y refléter.
C’est chez un individu déprimé que l’on remarque le plus la relation entre l’énergie et la personnalité. Bien que la réaction dépressive résulte de l’interaction de facteurs psychologiques et physiques compliqués, il reste une évidence : le déprimé est également déprimé énergétiquement.

Lorsque Reich commence à suivre ses patients, sa pratique correspond à la lettre à toutes les consignes et à tous les principes de Freud. Mais il n’est pas toujours satisfait des résultats. Trop souvent, lui semble t-il, la prise de conscience n’entraîne pas la disparition du symptôme. Reich relie donc l’identité fonctionnelle du caractère à l’attitude physique ou à la cuirasse musculaire. La cuirasse est la structure globale des tensions musculaires chroniques du corps.
On l’appelle cuirasse parce que ces tensions servent à protéger l’individu des expériences émotionnelles menaçantes ou dangereuses. Elles mettent à l’abri l’individu des impulsions dangereuses naissant de sa propre personnalité ou de l’attaque d’autrui.

La thèse principale qui sous-entend la pratique thérapeutique de Reich c’est l’identité de la cuirasse musculaire et la cuirasse caractérielle. La cuirasse caractérielle est une stratification, une sorte d’enkystement de toutes les expériences passées, de toutes les forces de défense mises en place par le sujet, c’est la forteresse derrière laquelle chacun se retranche pour organiser ses résistances. L’image est à peine métaphorique : tout se passe comme si les expériences infantiles, les conflits, les refoulements, les frustrations et les charges énergétiques qui leur sont liées formaient des dépôts dans l’être, qui l’entraînaient à réagir toujours de la même manière, lui interdisant toute novation et toute initiative. A la cuirasse caractérielle correspond donc une composante corporelle, c’est la fameuse cuirasse musculaire, qui une fois formée, ne peut pas être atteinte uniquement par une approche purement psychologique et verbale.

L’attaque de la cuirasse musculaire par le biais du corps présente de multiples avantages.
En effet, les zones bloquées du corps sont des lieux charnières où refoulé et refoulement se condensent, puisque toute tension musculaire est à la fois le côté somatique du refoulement et la base de son maintien. Tout travail sur la cuirasse musculaire ne peut que modifier radicalement les données existentielles de la vie d’un individu.

La Méthode :

La respiration :
La première étape du processus consiste à amener le patient à respirer calmement et profondément en libérant les muscles de la gorge, mâchoire, bouche pour émettre des mouvements significatifs. A mesure que la respiration devient plus active, le niveau d’énergie augmente. A cela succèdent plusieurs irruptions d’émotions avec les souvenirs associés. Tant que la colère et la rage ne sont pas mises à jour dans une explosion que seul le travail sur la respiration peut favoriser, la cuirasse musculaire empêche la vie d’atteindre les couches profondes.

Le massage :
En massant les zones du dos qui enferment les cuirasses musculaires, on dissout la névrose.
L’énergie est ainsi libérée. Ces derniers massages dépassent parfois la simple détente et s’inscrivent dans un travail psychologique plus profond (corps plaisir et émotionnel, réappropriation de son enveloppe corporelle et donc de ses limites chez le psychotique…). L’intégration corps/émotion ainsi que l’interaction avec le massothérapeute sont primordiales dans cette approche, car c’est à travers cette expérience que le sujet réactive et verbalise les émotions refoulées dont il était jusqu’à présent inconscient. Le thérapeute et la personne massée travaillent donc de concert dans le but de dénouer les tensions et de libérer la charge émotionnelle par un travail conscient sur la respiration.

Et bien sur on ne peut pas parler de Reich et de Bioénergie sans mentionner sa théorie sur l’orgone ! Reich obsédé sexuel ? Non !

L’Orgone

Dès le début de sa carrière, son travail porte sur la sexualité et l’orgasme en particulier. Ses recherches l’amènent à la conclusion suivante : au moment de l’orgasme se libère une énergie d’un type très particulier, à laquelle il donne le nom de « orgone ». Mais pour Reich, cette énergie, loin d’être confinée au seul plaisir sexuel, est essentielle à tous les aspects d’une vie saine. Elle seule pourra délivrer l’Homme de l’angoisse et le mener au bonheur. Cependant, pour certaines raisons liées à l’enfance, la fonction naturelle de l’orgasme est réprimée chez de nombreux sujets, provoquant des phénomènes pathologiques à la fois sur le plan physiologique et psychologique.

William Reich

Né en 1897 a Dobrzcynica (Autriche), Wilhelm Reich devient très jeune un des plus éminents membres de la Société Psychanalytique de Vienne, dirigée à l’époque par le génial penseur qu’était Freud ! De 1922 à 1930 Reich occupe le poste de premier assistant dans la polyclinique psychanalytique de Freud.

Inventeur, savant, psychiatre, philosophe, sociologue, Reich se voulait tout cela à la fois.

En 1947, Wilhelm Reich signe un contrat de 5 ans avec la CIA. En 1952, le contrat avec la CIA arrive à son terme.

Par la suite, Wilhelm Reich est accusé d’outrage à magistrat pour avoir refusé de se conformer à cette injonction. Poursuivi par un tribunal en 1956, il est sévèrement puni. Dans un jugement tout à fait inhabituel, l’Etat du Maine ordonne la destruction par le feu de ses écrits. Il est condamné à 2 ans de prison et à une amende de 10000$.

6 commentaires à “REICH : L’analyse Caracterielle”


  1. 0 Diane 29 nov 2017 à 19:22

    Bonsoir,
    Nous sommes peu nombreux !
    Jacques Lesage de La haiye a dispensé des cours que j’ai eu la chance de suivre. Avez vous lu ses livres ?
    J’ai entendu parler de François Serre
    https://www.psycho-ressources.com/francois-serre.html
    Bien à vous

  2. 1 Loloc 29 nov 2017 à 12:18

    Bonjour,
    Savez-vous s’il existe des praticiens qui utilisent la méthode de W. Reich en France ? Je suis en train de lire son oeuvre et trouve incroyable qu’il soit si peu connu.
    Merci pour votre réponse.

  3. 2 femmepsy 14 jan 2015 à 18:50

    Pas de problème Maat !
    Votre pseudo m’interpelle…
    Ecrivez moi en privé mon adresse se trouve dans ‘ A propos ‘
    A bientôt

  4. 3 Maat.39 14 jan 2015 à 18:40

    J’aimerais pourvoir discuter de cela avec vous; car elle ne se pratique plus en France ; au sens Reichien du terme .

    >>>Cordialement

  5. 4 femmepsy 12 juin 2011 à 18:14

    Quoi que certains en disent ; Reich et sa vision de la psychanalyse sont parfaitement adaptés à notre société.
    Reich était un grand personnage et mon choix d’être reichienne n’est pas un hasard, tant pour ce dont tu parles, que pour le marxisme sur lequel il s’est appuyé également.

    Merci Opale pour ton commentaire

  6. 5 Opale 12 juin 2011 à 18:05

    ça me parle +++ cette histoire de cuirasse .
    Pas pour rien d’ailleurs que ma psy me conseille une approche psycho-corporelle en + de ma thérapie…pas encore vraiment trouvé après avoir tenté sophro, shiatsu (trop bien ça , mais le gars est parti) , fasciathérapie etc…

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