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Vivre avec une personne bipolaire – Partie 1 -

Ces deux articles ont été écrits grâce aux patient conjoints qui ont fait appel à moi et je leur dédie.

Il est des handicaps qui ne se voient pas et que l’on ne perçoit pas, tout du moins pas tout de suite. Et pourtant, certaines personnes vivent en fauteuil roulant dans leur tête et c’est le cas des bipolaires !

Lorsque l’amour arrive l’on ne voit rien d’autre que ce sentiment qui nous anime et nous rend vivant, l’autre est animé par la même flamme car au début d’une relation amoureuse il semblerait que la bipolarité soit asphyxiée, invisible, inaudible, impalpable. Les endorphines joueraient donc un rôle non négligeable dans cette maladie et il faudrait sans doute étudier de plus près ce phénomène.

Les semaines passent joyeuses et tendres comme le sont tous les premiers instants d’une relation amoureuse et puis les mois… Et là tout devient étrange, compliqué, lourd et douloureux car survient la métamorphose et…  les questions :

Les interrogations sur cette personne que l’on croyait connaitre…

- Qu’ai je fait ?
- Que lui arrive t’il ?
- Qui est elle ?
- M’a t’elle caché sa véritable personnalité ?
- Suis  je responsable de ses colères ?
- Pourquoi est elle si triste ?
- M’aime t’elle encore ?

etc…

Tels des poux sur une tête qui croyait s’en être débarrassée alors que les lentes étaient toujours bien vivantes, la bipolarité revient telle une tempête dans un crane.

Le malade s’en rend compte ce qui le rend encore plus mal, encore plus triste, encore plus coléreux voire agressif et il fatigue à tenter de combattre. Mais cette bataille, il sait au fond de lui que de toutes les façons il l’a perdue… Et il sait par expériences sans doute, qu’il est fort probable qu’il perdra aussi l’être aimé car il l’aime, mal, mais il l’aime !!! Et je dirai que plus ses sentiments sont forts et plus les signes de la maladie le seront aussi.

Insidieuse et perverse cette maladie peut rester latente presque à l’état larvaire durant des années, l’image des poux que j’ai employé n’est pas répugnante ni irrespectueuse, loin de là, elle est juste posée pour facilité la compréhension de cette souffrance.

Dans le cas d’une relation amoureuse, ce que nous décrivons ici, étrangement et malheureusement elle peut être le phénomène déclenchant, même si sans doute avant cela un ou des autres phénomènes ont pondu ce parasite de la vie, il peut se réveiller en état amoureux car ce qui renvoie un état d’impuissance panique c’est être deux !
Pourquoi ?
Simplement parce que découvrir que l’on a des poux seul et les traiter est fort désagréable mais pas humiliant tandis que le découvrir en présence d’un être aimé est non seulement humiliant mais honteux et bon nombre de bipolaires ont ce sentiment de honte qui se traduit par ce que j’ai décrit plus haut.

Même si la personne se savait atteinte par la maladie, elle a pu penser sincèrement que l’amour l’en eut sauvé et cesser tout traitement, si traitement il y avait.
Ne lui en veuillez pas en ce cas de ne pas vous en avoir parlé et pensez à l’image des poux…

Peut être aussi savait elle que quelque chose n’allait pas dans sa tête pour reprendre une expression couramment entendue, mais que jamais elle n’a pensé à la bipolarité car les descriptions qui en sont faites sont souvent effrayantes et ne tiennent pas compte des différentes d’expressions de la maladie qui sont aussi nombreuses que le sont les personnalités humaines et leurs vécus.
Quelque chose qui gratte dans la tête mais quoi ?

Toujours est il que, tel un croche-pied à votre relation, la bipolarité est là et qu’il va falloir la prendre à bras le corps et surtout apprendre à vivre avec à deux ; ce qui sera le sujet de la deuxième partie de cet écrit.

 


17ème printemps des poètes du 7 au 22 mars

 

 

 

Un rêve si présent…

La chaleur d’aujourd’hui m’a ensommeillée et comme il nous arrive à tous parfois, je tenais un rêve que je ne voulais lâcher.

En me réveillant j’ai voulu lui écrire pour le lui décrire et puis à quoi bon ? ! Il n’a jamais voulu entendre, il n’a  jamais voulu comprendre…
Pourtant lui poser par mail juste la question ‘ Allez vous bien ? ‘ me tient fortement.

C’était lui sans être lui, c’était un lui vivant, riant, souriant et aimant ; celui que j’ai connu un peu mais si peu, seulement lorsqu’il lâchait prise, lorsqu’il descendait de son trône de PSY et que son regard bleu acier prenait quelque chose d’humain.

Ces moments si rares sont gravés en ma mémoire dans la catégorie VIE, comme ce jour où nous sommes tombés ensemble sur le divan dont nous changions la place réagençant la disposition de son cabinet par souci d’aisance avec ses béquilles. Les jours où il venait dans mon bureau avec un gâteau m’affirmant que le pâtissier d’en bas l’avais obligé à me l’acheter. Les fous rires lorsque allongée sur ce même divan, je m’amusais à le regarder sous ses lunettes. Cet après midi où nous avons choisi ensemble son nouveau fauteuil qui ne grincerait pas comme l’ancien. Les jours de claquage de portes où il m’attendait devant mon bureau craignant que je ne revienne pas…

Ces instants où il était là, vraiment là, comme dans ce rêve…

Intemporel et sans adresse, je suis juste face à lui et il me sourit.

Il existe des personnes autour mais servant presque de décors. J’entends sa voix qui me demande de me rapprocher de lui et il saisit ma main… Nous ne marchons pas ensemble nous flottons. Ma joue effleure sa veste de couleur rouge, elle est douce au contact, des effluves délicates me parviennent et je retrouve son odeur.
A cet instant, je ne sais plus s’il s’agit d’un rêve ou d’une réalité et par cette ignorance je me persuade de ne surtout pas ouvrir les yeux pour ne rien briser.

Il me parle. Que me dit il ?
Sa voix me parvient comme s’il se trouvait à des dizaines de mètres et pourtant il est près de moi.

Je lui parle et il semble ne pas m’entendre non plus, alors me reviennent ces moments douloureux où il ne m’entendait pas et où pourtant je lui criais
‘ je vous aime’
Mais non, ce n’est pas la même chose qui se répète puisqu’il tient ma main… Et d’ailleurs je le tutoie ce qui me surprend… d’ailleurs…

Une vieille dame nous demande de prendre le thé, il lui répond que nous n’en avons pas le temps… Il semble bien la connaitre à la façon dont il lui sourit…
Ce n’est pas son sourire de convenance ‘psy’, c’est son vrai sourire…

Nous faisons encore quelques pas mais sur une route cette fois, puis il s’arrête net et me prend dans ses bras.

Ses lèvres se posent sur le miennes presque pour me faire taire car je parle encore. Son baiser est aussi doux que je l’eut imaginé tant de fois par le passé et puis je sens qu’il s’éloigne et je ne le veux pas mais les mots ne sortent plus car je pense fortement à cet instant que ce sont eux, les mots, qui ont tout gâché…

Ainsi je me suis réveillée, des larmes coulant sur mes joues et mouillant mes lèvres comme les traces d’un baiser à jamais rêvé…

Je me souviens, à cet instant, que sur son écran d’ordinateur très souvent j’ai vu le même article ‘ Un amour de transfert’ et si je devais lui dire quelque chose après toutes ces années, ce serait simplement qu’il n’a pas vu plus loin que le bout de son nez et que la vérité se trouve ailleurs que dans les pages des centaines de livres de sa bibliothèque ! Que la cybernétique ne remplacera jamais l’âme d’un cœur humain !
Qu’ un contact 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 entre un homme et une femme durant des mois et des années ne fera jamais une relation psy/patiente.
Que ‘patiente’ je l’ai été mais dans sa définition première et que parfois l’on préfère se flageller soi même pour ne plus souffrir par l’autre…………

amourrevé

 

Ballade en l’Ardèche

En ces temps hivernaux où la neige n ‘arrive pas sur mes collines balayées par le mistral et en regardant grandir ma plus jeune fille sortant d’une semaine de bac blancs, je songe en ces autres temps de vie en Ardèche.
Choix d’une autre vie, loin des villes, loin de tout confort.
Juste la nature, un papa, une maman et une petite puce de 2 ans et demi.
Je me souviens de notre arrivée dans cette toute petite maison posée comme un nid au fond d’une vallée.
C’était une fin d’octobre, une petite annonce de location dans une boulangerie durant notre semaine de vacances ardéchoises avait attiré notre attention. Lors de notre visite nous nous demandions à quel moment nous atterririons, tant nous descendions et tant les routes devenues chemins serpentaient longeant des maisons malheureusement en ruines comme des traces de vies passées à ne pas oublier…
Il ne nous fallut pas longtemps pour nous décider à tout quitter. Emilie indépendante vivant dans son studio, continuant ses études et commençant sa vie à elle.
Nous voulions offrir à Léopoldine simplement son père et sa mère rien qu’à elle pour quelques années.
La maison… Une pièce à vivre avec une cheminée et une immense porte fenêtre donnant sur la beauté ; une petite chambre borgne et une salle de bain sans chauffage…
Au niveau du terrain, nous n’avions qu’à nous servir des kilomètres de nature alentour…
Le loyer… 800 francs…
Un seul voisin à quelques centaines de mètres, vieux garçon de quarante ans vivant avec sa mère octogénaire et plus… Lise…
Le premier village à 8 km avec son épicerie dépôt de pain et son petit café restaurant.
Nous voilà posés tous les 3 au milieu de nul part et l’hiver approchant.
Papa, maman dormant sur le canapé et petite puce dans la chambre où fut installé un chauffage électrique car seule la cheminée chauffait la maisonnette.
Le bois nous allions le couper, le ramasser, le fendre et le faire sécher dans les dépendances, bébé ramenant les brindilles, fière !
Nous étions en ces moments accompagnés de nos deux chats qui bien sur avaient fait aussi le voyage, heureux de ce pouvoir de liberté totale.
Je me souviens du givre le matin, sur la porte vitrée à l’intérieur de la maison, il y faisait environ 7° au réveil en plein hiver, je lavais la puce dans sa chambre, l’habillait chaudement et elle venait s’installer près de la cheminée pour prendre son petit déjeuner, tout sourire et rire de la neige dehors où elle savait aller bottée et capuchée trainant ‘nounours’ sur sa luge…
Pas de télévision bien sur, pas de téléphone, le facteur ne s’aventurant qu’une fois la semaine… Et encore…
Impossible d’utiliser la voiture durant des semaines, les courses, nous allions les faire à pieds tout les trois les jours ensoleillés et papa y allait seul lorsque la burle dévalait en travers les forêts.
Mes visites à Lise à l’heure du café était ma seule relation sociale mais riche en souvenirs et en tendresse. Elle m’apprit à faire mon pain, à conserver mes légumes et faire sécher ma viande ; à préparer des potions médicinales. A vivre comme elle !
Parfois aussi sans électricité lorsque les fils aussi vieux que notre maison ne supportaient plus le poids du gel et de la neige, alors, à la lumière des bougies et de la cheminée nous parlions tous les trois riches de nous mêmes et de l’amour pour notre enfant.
Les cloches des chèvres et moutons annonçaient l’arrivée du printemps en même temps que poussaient sous nos yeux les jaunes jonquilles le long des ruisseaux.
Trois hivers, passés ainsi. Trois années qui ont enrichi notre fille et fait un peu ce qu’elle est aujourd’hui, simplement merveilleuse comme une jacinthe des neiges des monts ardéchois…

Ballade en l'Ardèche  dans amitie presentation-a-l-hotel-lacoste-des-oeuvres-de-christine_408238_510x255

 

Pour fêter l’évènement du jour !

Beaucoup de bonheur à tous et toutes et vive le mariage pour tous !

Mariage homo

Dis, pourquoi ?

Discussion ce soir avec ma fille qui aura 17 ans dans quelques semaines.
Discussion autour d’un thé avec pour seul bruit le mistral soufflant dans les collines…

Discussion autour de l’intolérance, du racisme, du rejet, de la bêtise !
Bien vastes sujets qui me touchent et surtout qui la touchent elle dans sa jeune vie…

Dis, pourquoi recevons nous toi comme moi des mails islamophobes de personnes qui pourtant connaissent notre vie de famille et savent que nos deux êtres les plus chers ont du sang marocain et que l’une d’elle est musulmane et mange halal par respect pour son papa disparu qui souhaitait qu’il en soit en son début de vie et qu’elle choisisse plus tard sa religion, si toutefois elle en souhaite une.
Dis, pourquoi les gens sont ils outrés par la création d’écoles musulmanes alors que des écoles juives et catholiques foisonnent en France.
Dis, pourquoi certains n’ont que des devoirs et d’autres que des droits.
Dis, pourquoi l’on s’étonne que dans les écoles musulmanes les enfants apprennent le coran alors que dans les écoles catholiques ont y apprend la bible et dans les écoles juives la thora.
Dis, pourquoi ma meilleure amie au yeux bridés, adoptée bébé est elle aussi raciste et pleine de préjugés.

Oui ça fait mal maman, pour Maïly, pour Lyna ! Quel avenir vont elle avoir ? Que vont elles entendre ? Que vont elles subir ?
Il faut leur apprendre à se défendre, leur apprendre à répondre qu’elles sont fières de leurs noms et fières de leurs cultures…
Oui que de bêtises maman débités par des adolescents éduqués par la télé, incapables de penser par eux mêmes.

J’ai même entendu maman que les SDF n’étaient que des fainéants vivant sur la société et comment leur dire que mon beau-père l’était et que je vois encore la souffrance dans ses yeux malgré les deux années passées avec nous.

Ils n’entendent pas et pas plus que leurs parents, ils n’écoutent que la télé qui elle dit la vérité !

Dis, pourquoi ?

C’est ton éducation mon ange qui te fait parler ainsi et tu verras que plus tard et bientôt tu choisiras ton combat et les amis qui vont avec. Je t’ai appris à ne pas subir la société mais à l’aider à évoluer et depuis petite tu le fais très bien, alors garde cette confiance en toi à défaut de l’avoir en ce monde car le monde de demain c’est toi !

Voilà pourquoi !!!!!!!!

 

Dis, pourquoi ? dans amour salvador_adolescente_boltraffio_lazaro_galdiano_mu2680.jpg_1306973099

 

Petite recette de famille…

Ingrédients :

- Une douzaine d’aïeux parisiens
- Une dizaine de bourguignons
- Une pincée de campagne
- Un souffle d’épices laotiennes
- Une jolie poignée de beurs

Préparation :

Bien mélanger le tout en prenant garde de ne pas amalgamer les cultures
Ne séparer aucune couleur ou caractéristique, les laisser se nuancer d’elles mêmes
Mettre les religions à germer de côté, le met en préparation étant doté d’intelligence
Prendre bien soin d’éliminer toutes racines racistes, ceci  pouvant provoquer de l’acidité
Laisser reposer durant 9 mois environ
Dès la sortie du petit être confectionné, l’arroser d’amour sans modération

Résultat :

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Maï à 1 an

 

SDF mon Amour !

Ces trois lettres de mon clavier n’auront jamais  rien de péjoratif
Car ces trois lettres sont celles que tu prenais comme qualificatif

- NON moi SDF
- OUI moi ADF

Oui, mais cela fait déjà 18 mois aujourd’hui
Oui, cela fait 18 mois que tu m’as donné la vie

La notre !

Tu m’as donné la plus belle chose au monde
La confiance
Tu m’as fait la belle chose au monde
Me prendre dans tes bras
Nous nous sommes offerts la plus chose au monde
Un premier baiser

Méfiance
Distance
Indifférence
Se sont envolées le 5 février 2011

Et moi j’ai volé plus haut que les mouettes du vieux port….
Parce qu’enfin tu me donnais le droit de toucher ton corps…

Chaque nuit encore je te regarde dormir
Et je me demande comment tu as pu tenir
Mais je sais quelque part que tu as tenu
Seul dans la froideur de la rue
Parce que tu sentais qu’un jour j’arriverai
Qu’un jour nos mains se rejoindraient

SDF mon Amour
Tant que mon cœur battra
Le 5 de chaque mois
Il battra toujours plus fort pour TOI

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Souvenirs

Ce matin, je me souvenais en rêvant ou bien peut être rêvais je en me souvenant…

Jeune adolescente, j’étais dans ma chambre de style Marie-Antoinette au papier peint d’anémones pastelles ; un long rideau de dentelle blanche habillait ma fenêtre et le soleil passait à peine au travers des doubles rideaux vieux rose…
Le dessus de lit identique, mélange de dentelle et vieux rose et deux appliques en forme de tulipe, blanches et roses elles aussi…
Au dessus même de mon lit, le portrait émaillé de Léopoldine Hugo…
Éveillée en ce rêve, je regardais ma moquette aux mêmes teintes écoutant papa siffler dans son jardin, me disant qu’à cette heure matinale, il devait cueillir les haricots verts que nous écosserions tous les deux dans la matinée pendant que ma mère nous préparerait un énième déjeuner brulé, lui et moi devinant ce qui avait bien pu calciner derrière les odeurs qui nous parviendraient…
Je nous imaginais assis face à face sur les bancs du salon de jardin de pierre qui garnissait notre pelouse, moi encore en chemise de nuit et lui portant sa casquette de marin qu’il aimait tant, le regard pétillant de malice et le nez au vent se moquant des odeurs qui émanaient de la cuisine…
Je n’aimais pas les haricots verts et encore moins les éplucher, mais ces moments avec lui le valaient bien…
Je me vois récupérant un roman de Sagan sur ma table de nuit, le feuilletant somnolant en attendant d’entendre au bas des escaliers :
- Nounouche tu es réveillée ?
Cette voix m’éveillant tout à fait,  je courrai alors dans ses bras en lui murmurant :

Bonne fête papa…

Sauf qu’aujourd’hui, en m’éveillant tout à fait je n’ai pu que prononcer ces mots :

Tu me manques papa…

 

Souvenirs dans amour

Papa

Il y a 6 ans aujourd’hui que tu m’as quittée et je revis cette journée aussi douloureusement chaque année.
Chaque matin de 18 février je me revois prostrée, repliée sur moi comme une enfant tombée.
J’entends comme en écho mes hurlements ressemblant tant à ceux d’un animal blessé.
Mes cris n’avaient rien d’humain… NON…
Mes mains ne suffisaient pas à recueillir mes larmes.
Combien d’heures suis je restée assise par terre dans un coin de ma chambre.
Simplement pour refuser de comprendre…
Comme un vieux film défilaient en craquelant les images de mon enfance.
Je cherchais à retrouver ton odeur quitte à rester en apnée il fallait que je la retrouve.
Et je tendais la main au vide au cas où elle puisse frôler un peu de toi.
PAPA

Ne plus pouvoir dire ‘papa’
Ne plus entendre ‘nounouche’

Depuis 5 ans je ne reçois plus de carte de toi pour la Saint Valentin
Et depuis 5 ans je ne t’en écris plus non plus
Oui, nous nous aimions à ce point…
Aucun homme n’était assez bien pour ta fille…
Je me souviens du jour où l’un d’eux avait osé te demander ma main
Et de ta réponse qui était sans appel…  ‘Pourquoi ? Vous n’avez pas assez des vôtres ?’

Tu es parti si vite que je n’ai pas eu le temps de te dire ‘au revoir’

PAPA, dis :
Quand reviendras tu ?

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Adam et Nikita

Le bonheur des uns ne faisant pas pour autant le bonheur des autres et avec ce froid qui règne entre autre sur Marseille en ce moment, il m’était inconcevable de ne songer en ce jour surtout, qu’à mon bonheur et je sais qu’au fond de l’homme que j’aime vit encore celui qui a souffert de la faim, du froid et de l’indifférence…
C’est ainsi que d’un commun accord, après avoir déposé Léopoldine à son club de littérature, à 11h30, lui et moi  sommes allés à la recherche de ses amis, de ces exclus, de ceux qui meurent en ce moment d’hypothermie.
Ils n’étaient pas dans les rues habituelles, alors nous nous sommes rendus à ce qu’il reste de squat… OUI ce qu’il en reste, car il est en voie de destruction, en plein hiver, pas bien… Pas propre près des beaux immeubles de luxe tous neufs que l’on vient de construire… pour d’ autres…
Difficile à décrire ce qu’il reste, imaginez un morceau de puzzle rongé perché sur un amas de gravas que l’on atteint par une échelle de fortune… Vivaient dans le même endroit plusieurs familles ROM ; aujourd’hui il n’y en a plus qu’une au même étage de ce château, château car pour quelqu’un qui n’a pas de toit en ce froid épouvantable c’est un château. Et presque un château fort tant il faut grimper et enjamber de débris pour l’atteindre.
La porte de gauche d’où parviennent des sons de piano, la famille ROM. La porte de droite les hommes polonais.
Des portes……… Comme le reste… Un semblant de protection…
Adam nous ouvre la porte et nous invite à entrer. Pour la première j’ose entrer sans avoir l’impression de violer une intimité, une douleur, presque une infirmité de la société.
Adam, serre la main de Surbit et baise la mienne. Adam… Un homme de 58 ans venu en France en bicyclette, pour y trouver quoi ? La mort repoussée de quelques années ou quelques mois ? Il ne s’attendait sans doute pas à vivre dans un morceau de puzzle.
Un froid glacial me saisit en entrant, il fait presque plus froid dedans que dehors de par les ouvertures crées par les bulldozers.
Je les laisse parler tous les deux comprenant les mots mais ne m’immisçant pas dans leur conversation ; mon regard se promène pudiquement dans le squat.
3 lits… Des semblants de vie quotidienne… Et sur un tapis, assise, une toute petite vie me regarde… Nikita me dira Adam en me la mettant dans les bras avec un sourire immense…
Nikita, bébé ressemblant fortement à un golden retriever me mordille les oreilles et me lèche menton, joues et nez…
Le froid est insupportable et je ne peux supporter l’idée que mon homme ait vécu dans ce froid et que d’autres y vivent. Tous deux regardent un vieux poêle à pétrole, il devrait pouvoir fonctionner à condition de pouvoir y mettre du pétrole, mais le pétrole a un coût… Un seul échange de regards nous suffit comme d’habitude et mon amour explique à Adam que nous revenons de suite, que nous allons chercher du pétrole.
Je tends délicatement Nikita à Adam qui la serre contre lui…
Nous faisons le tour des commerces de proximité du quartier mais plus de pétrole nul part.
A la petite supérette qui fait face à l’endroit où nos amis font la manche habituellement je remercie le gérant pour ses dons de nourriture dont ils nous ont fait part
 » Merci de quoi ? C’est normal ! Lorsque la date de péremption approche mieux vaut donner que jeter non ?  »
 » C’est normal pour vous Monsieur mais pas pour d’autres, alors merci beaucoup pour eux »
13 H et pas de pétrole… Dimanche !
Nous retournons au squat et donnons à Adam de quoi en acheter demain.
Nikita gratte mes bas de pantalon signalant qu’elle veut bien encore un petit tour de câlins, elle s’en prend cette fois à mes boucles d’oreilles, mais préfère quand même mes oreilles… Sur la ‘terrasse’ avec vue sur les gravas et bidonville de Marseille, le linge d’Adam sèche.
J’ai mal de le laisser là, de les laisser là, mais mon homme m’explique qu’il n’y a rien d’autre à faire que de revenir vite et veiller à ce qu’ils ne meurent pas de froid.
Encore une fois, je redonne Nikita à son maitre, j’ai vu dans le squat sa petite gamelle pleine de croquettes et son petit panier, il la prend comme on prendrait le plus précieux des trésor, car c’est bien ce qu’elle est pour lui… Sa chaleur… Sa petite lumière… Sa vie…
Il nous suit du regard et nous fait signe depuis la terrasse qui est à deux doigts de s’écrouler !
Une fois dans la voiture, mon amour me demande si je souhaite aller au restaurant pour nos 1 an, je lui prends la main et lui dis que non je ne veux être qu’avec lui chez nous ; il serait indécent pour moi d’aller au restaurant après ce moment là et je n’ai pas envie de supporter les autres, ceux qui sont de l’autre côté du miroir.
En récupérant Léo cette fin d’après midi, je me suis arrêtée acheter 3 petits gâteaux au milieu desquels a brillé une bougie en forme de cœur que nous avons soufflée tous les deux sous le regard amusé de Léo, qui n’a qu’une envie maintenant faire la connaissance d’Adam et Nikita…..

Parfois il faut regarder ailleurs pour voir notre bonheur……………..

Et pourtant… Image de prévisualisation YouTube

 

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